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Employer un senior : comment retrouver un emploi après 50 ans?

Embaucher un senior, retrouver un emploi après 50 ans

A compétences égales, un candidat cadre senior a trois fois moins de chances d’être convoqué à un entretien d’embauche qu’un candidat âgé de la trentaine *.

 

Comment se préparer à retrouver un emploi après 50 ans? Pourquoi les entreprises semblent être réticentes à employer un senior ? 

 

 * (source : Observatoire des discriminations)

Le point sur l'emploi des seniors : la situation des plus de 50 ans en entreprise ?


Discrimination à l'embauche, évolution de carrière bloquée, retraite anticipée...
Les seniors peinent à se faire leur place dans l’entreprise et encore plus à retrouver un emploi après 50 ans. En France, seul 38% des plus de 55 ans sont actifs, contre 45% en moyenne dans le reste des pays européens. Mais les choses changent :

- Depuis le premier janvier 2010, les entreprises doivent s’engager sur l’emploi des seniors au moyen d’un « plan d’action » ou verser une pénalité correspondant à 1% de leur masse salariale. Les accords, d'une durée minimale de 3 ans, doivent contenir un objectif chiffré de maintien dans l'emploi des seniors de plus de 55 ans ou de recrutement des plus de 50 ans.

- La dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs passe de 59 ans à 60 ans en 2011 et devrait être supprimée en 2012.

- Aucun salarié ne peut être plus mis à la retraite d'office à 65 ans. Entre 65 et 70 ans, l'entreprise a besoin de son accord.

 

Retrouver un emploi après 50 ans : Comment optimiser ses chances ?

 

- Faut-il tenir compte de l’âge indiqué sur une annonce ?

 

Les candidats de plus de 50 ans peuvent tout à fait postuler à des annonces qui spécifient un âge qui ne leur correspond pas. L’expérience prouve en effet que l’âge figurant sur une offre d'emploi est, assez souvent, une donnée indicative et non une obligation incontournable.

Ainsi les entreprises qui cherchent un « expert » ou « une maîtrise parfaite » se donnent en réalité la possibilité d'employer un senior. A vous de mettre en avant un savoir-faire et une valeur ajoutée personnelle qui apporte une solution pertinente à la demande de l’entreprise.

 

- Comment rédiger son CV?


L’objectif du CV est de faire ressortir une compétence spécifique qui va permettre au recruteur de sélectionner votre candidature. Inutile, par conséquent, de se lancer dans le récit détaillé de 30 années d’activité. Un bon CV va à l’essentiel. Il est synthétique, clair et facilement lisible.

Faut-il mentionner l’âge ? Oui, bien sûr, car une dissimulation ne ferait qu’accréditer l’idée que l’âge est un problème. En revanche, rien n’oblige à mettre cette information en avant. Vous pouvez envisager de la faire figurer avec la situation familiale, à la fin du CV, dans la rubrique « Divers ».

Un CV structuré et concis est l'étape primordiale pour retrouver un emploi, notamment après 50 ans. Il doit donner au recruteur l'envie de vous rencontrer , et ce quelque soit votre âge.  

 

- Comment se positionner et faire valoir sa candidature lors de l’entretien?
 

Donner à un recruteur l'envie d'employer un senior passe également par un entretien réussi.

Evitez de vous présenter en tant que demandeur d’emploi, mais plutôt comme force de proposition et de service.

Avoir 50 ans, c’est avoir un fort potentiel et se montrer capable de le mettre en œuvre avec souplesse. Il existe des statuts qui permettent de mettre un pied dans l’entreprise : intérim, CDD, portage, temps partagé, auto entrepreneur, etc. C’est une stratégie intéressante car aujourd’hui beaucoup d'entreprises mettent en place des tutorats ou des conférences pour que les salariés expérimentés transmettent leurs connaissances aux plus jeunes.

 

- Quels sont les écueils à éviter lors de l’entretien d'embauche ?

Le but à poursuivre est de susciter la curiosité et l’intérêt du recruteur. Le premier risque à éviter est donc d’en dire trop, de noyer son interlocuteur avec une longue série de réalisations et d’expériences qui empêchent votre interlocuteur d’y voir clair en le laissant sur une mauvaise impression.


Un entretien réussi est toujours un dialogue constructif. Par conséquent, il faut veiller à l‘équilibre de l’échange et cerner au plus près les besoins de l’entreprise. Attention au double écueil qui guette les candidats expérimentés : soit vouloir tout expliquer et justifier dans son parcours professionnel, soit faire preuve d’une certaine arrogance en faisant un étalage peu judicieux de ses connaissances.

 

- Quels sont les arguments à faire valoir?

 

Dans l’entreprise, les « quinquas » sont plus efficaces selon les critères suivants : qualité du travail, recul sur les dossiers, compréhension des situations complexes, aptitude à gérer des conflits, capacité à relativiser. En plus des avantages évidents liés à l’expérience, en comparaison des plus jeunes, ils se distinguent par leur « savoir être » : la politesse, la ponctualité et un taux d’absentéisme plus faible.


Libérés de contraintes familiales lourdes, les seniors peuvent également mettre en avant des possibilités de mobilité professionnelle ou géographique.

Pour l’image de l’entreprise, des collaborateurs chevronnés sont un atout. Ils sont autonomes et rassurent certains clients. Ils savent s’adresser au segment du marché désormais très porteur qu’ils représentent eux-mêmes et peuvent être décisifs sur le plan marketing ou commercial.

 

 

Les objections fréquentes à employer un senior 

 

 

- Comment améliorer la communication ?

Les freins au recrutement des seniors viennent la plupart du temps d’idées reçues et qui ne sont pas justifiées.

Exemple : les réticences à l’égard de l’informatique ou la méconnaissance des nouvelles technologies ne sont pas une question d’âge.
Il importe, au détour de la conversation, d’écarter les stéréotypes.
 

- Les seniors coûtent trop cher

Selon certaines études, l’écart en coût direct serait seulement de l’ordre de 8% par rapport à la moyenne des salaires. Par ailleurs, les plus de 50 ans sont souvent moins intéressés par un salaire élevé que par une couverture santé avantageuse ou un système d’épargne retraite performant proposé par l’entreprise.

 

- Les seniors sont moins souples

La capacité d’adaptation est davantage liée à l’individu qu’à l’âge. C’est un fait. Derrière chaque problème d’adaptation, il y a un problème de formation. Ces dernières années, les plus de 50 ans n’étant pas franchement la priorité des DRH, bien peu de formations leur ont été proposées : leur potentiel n’a tout simplement pas été valorisé.

 

- Les seniors sont moins dynamiques

L’allongement de la durée de vie et la participation croissante des seniors à la vie professionnelle s’opère en même temps qu’une mutation profonde de l’organisation économique.

Nos vies professionnelles sont faites, de plus en plus, de changements d’employeurs, de métiers ou de secteur économique. Les seniors sont moteurs dans cette évolution en assurant la transmission du savoir faire de l’entreprise.


Entre 45 et 50 ans, c'est le bon moment pour se réorienter et reprendre une formation. Un décret d’application concernant l’emploi des seniors prévoit pour les salariés de plus de 45 ans un entretien de seconde partie de carrière et l’accès favorisé au bilan de compétences. C’est une bonne opportunité pour définir précisément ses domaines d’expertise, faire le point avant d’agir et reprendre confiance pour dynamiser sa carrière. 

 

Trouver un emploi après 50 ans n'est pas sans embuches. Bon nombre de recruteurs ont encore du mal à employer des seniors même s'il est certain que leur âge, et par conséquent leur expérience et leur expertise sont une force pour les entreprises.  

 

Écrit par Hervé Tusseau le 23/11/10
  
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