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Mal de tête, céphalée, migraine ... : des affections fréquentes

maux de tête, migraine, céphalée, mal de tête, aspirine Un Français sur deux environ déclare souffrir de maux de tête. Dans 60 % des cas, la douleur est ressentie comme gênante voire incapacitante (dans 16 %).

(source : étude « prévalence des céphalées » de la Dress - Enquête décennale Insee 2002-2003)

Les maux de tête : un impact sur notre vie quotidienne

Le terme céphalée désigne l’ensemble des maux de tête, parmi lesquelles on retrouve la migraine.
Les céphalées sont des affections bénignes du système nerveux, particulièrement courantes : elles se caractérisent par une douleur au niveau de la boite crânienne et/ou du visage. Le mal de tête est une manifestation plus ou moins douloureuse et invalidante.

La société internationale des céphalées (International Headache Society – IHS) a établi une classification (classification internationale des céphalées – OMS ).
Elle distingue :
- les céphalées primaires, qui sont des pathologies propres : les migraines, les céphalées de tension, les algies vasculaires de la face, etc.

- les céphalées secondaires (ou symptomatiques), qui résultent d’une autre cause identifiable : maux de tête attribués à un traumatisme céphalique ou cervical, à une atteinte vasculaire crânienne ou cervicale, à une substance (alcool, médicaments), une infection, un trouble psychique (dépression, etc.) ; à une pathologie du crâne, du cou, des cervicales, des yeux (glaucome aigu), des oreilles, du nez, des sinus, des dents, de la bouche, etc.

Il existe aussi des céphalées dites idiopathiques (liées à la toux, à l’effort, etc.). Les origines de cette douleur peuvent être multiples.
Les céphalées ne présentent aucun caractère de gravité, mais sont susceptibles de considérablement altérer la qualité de vie (familiale, sociale, etc.) et de générer une importante souffrance physique et morale. Elles peuvent également devenir chroniques. Il est donc souhaitable d’évoquer avec votre médecin les maux de tête répétés, notamment si la vie quotidienne en est affectée, si les médicaments classiques sont de moins en moins efficaces : l’augmentation des doses d’antalgiques peut conduire à une intoxication.

 

Des origines diverses

Les maux de tête, en particulier la migraine, sont liés à la contraction des vaisseaux sanguins qui enveloppent le cerveau (méninges), entraînant une dilatation excessive et une inflammation des nerfs. Les mécanismes sont encore flous, mais il semble que certains neurotransmetteurs soient en cause (notamment la sérotonine).

Les céphalées ont des origines diverses, et peuvent être favorisées et déclenchées par plusieurs facteurs :
- des facteurs génétiques : les gènes pourraient prédisposer aux maux de tête. On parle d’ailleurs de « famille de migraineux ».
- des facteurs sensoriels : les stimuli comme les bruits, les odeurs (parfum, fumée de cigarette), les lumières de forte intensité peuvent être des éléments déclencheurs.
- des facteurs hormonaux : les phénomènes hormonaux (puberté, ovulation, etc.) influencent les céphalées. La migraine est d’ailleurs un symptôme ressentie au cours du cycle menstruel de la femme (céphalées cataméniales). Les maux de tête sont plus fréquents chez les femmes : ils peuvent débuter avant 40 ans et diminuent progressivement après cet âge. Les fluctuations des œstrogènes jouent un rôle : après la ménopause, les céphalées tendent le plus souvent à s’atténuer voire à disparaître.
- certains troubles et pathologies (plus ou moins graves) : un traumatisme crânien, l’hypertension artérielle, une affection des cervicales, ORL (sinusite, etc.), ophtalmologique (glaucome, etc.), bucco-dentaire ; une anomalie du métabolisme (anémies, polyglobulie), la fièvre, une infection (méningite par exemple), une affection vasculaire cérébrale (AVC, etc.), une tumeur, la maladie de Horton, etc. (Ces causes peuvent être responsables d’importantes céphalées et nécessitent, dans certains cas graves, une consultation médicale en urgence).
- l’alimentation : l’irrégularité des repas, une nutrition déséquilibrée, certains produits (gras et sucrés) favorisent l’apparition des maux de tête. Les boissons alcoolisées agissent sur les vaisseaux sanguins et peuvent être des facteurs déclenchant.
- les effets de certains médicaments : l’abus de médicaments antalgiques et analgésiques notamment, à l’inverse de soulager la douleur, peut favoriser les maux de tête.
- le stress, l’anxiété, le surmenage
- les troubles du sommeil : insomnie, manque ou excès de sommeil, etc.
- les changements climatiques : les températures froides ou chaudes, les changements de saisons, le vent (notamment du Sud), l’humidité de l’air, les modifications de la pression atmosphérique et l’altitude, etc.

Les facteurs déclenchant varient selon les individus et les types de céphalées : il est important d’identifier les causes des maux de tête, afin de faciliter le diagnostic et de choisir le traitement adéquat.

 

Des symptômes différents en fonction du type de céphalées

Les symptômes associés aux maux de tête varient en fonction du type de céphalées. La douleur peut être ressentie différemment, selon la sévérité des maux, leur fréquence, leur localisation et la durée.

Le mal de tête passager
entraîne une douleur légère ou modérée, qui est vite soulagée par un comprimé antalgique et s’estompe rapidement. Il n’est pas récurrent, et peut survenir après un léger choc ou lors d’une fatigue ponctuelle.

Les céphalées de tension
sont la forme la plus fréquente : ces maux de tête lancinants touchent les deux côtés du crâne (sensation de serrement en étau, de pesanteur), sont non pulsatiles (sans pulsations rythmées par les battements du cœur), ne sont pas accompagnés de nausées et apparaissent graduellement. Une tension au niveau des yeux, des tempes, du cou et de la nuque peut être ressentie. D’intensité légère à modérée, les céphalées de tension peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours.

La migraine quant à elle se caractérise par des crises répétées apparaissant progressivement : la douleur, d’intensité modérée à sévère, est ressentie d’un côté de la tête, irradiant parfois vers le cou et les épaules. Elle est souvent rythmée sur les battements cardiaques (douleur pulsatile), aggravée par un effort, et peut s’accompagner de nausées, de vomissements, d’une sensibilité à la lumière (photophobie), aux bruits (phonophobie) et aux odeurs. Une migraine peut aussi être associée à des troubles neurologiques transitoires, appelés « aura » : on distingue les migraines avec ou sans aura. L’aura migraineuse, parfois très spectaculaire, dure en général moins d’une heure, et se manifeste par des troubles visuels (scintillements, tâches lumineuses, flashs, éclairs, même les yeux fermés), sensitifs (engourdissements, picotements, fourmillements au niveau des doigts, des mains, de la face) ou aphasiques (difficulté pour s'exprimer, mots manquants, etc.). La crise migraineuse peut durer entre 4 et 72 heures. Une migraine est considérée comme chronique, lorsqu’elle existe plus de quinze jours par mois pendant trois mois, et n’est attribuée à aucune autre cause.

L’algie vasculaire de la face est une céphalée plus rare, qui entraîne une très violente douleur d’un côté du visage (vers l’œil et la tempe) : intense, elle perdure entre quinze minutes et trois heures.

Le mal de tête est un phénomène répandu et généralement sans gravité. Cependant, les céphalées à répétition, non traités, perturbent la qualité de vie et favorisent certains troubles psychiques, notamment la dépression.

 


Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 09/12/09
  
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