Le diabète est une maladie chronique qui touche plus de 2 millions de personnes en France. Il concerne plus de 11 % des 65 ans et plus. Son augmentation annuelle est estimée à plus de 3 %. On évalue entre 500 000 et 800 000, le nombre de français qui seraient diabétiques sans le savoir. (sources : Ministère de la Santé- Invs).
Qu’est ce que le diabète ?
Cette hormone est sécrétée par le pancréas : elle régule la concentration de sucre (ou glucose) dans le sang afin que la glycémie reste stable et constante. Le glucose contenu dans les aliments passe dans le sang, puis est transporté et utilisé par les cellules du corps humain comme « carburant » pour son fonctionnement. L’insuline assure l’entrée et/ou l’utilisation du glucose (carburant) par les cellules. Lorsque l'insuline est insuffisante ou ne remplit plus son rôle correctement, le sang stocke le sucre (éliminé ensuite via les urines, qui deviennent sucrées), les cellules de l’organisme ne sont pas suffisamment alimentées et ne peuvent plus fonctionner. Le patient diabétique risque alors de graves complications : à long terme, si le glucose reste dans le sang, de nombreux organes et tissus peuvent subir des lésions et être détériorés (yeux, reins, cerveau, système cardio-vasculaire, etc.).
En moyenne, la glycémie doit varier entre 0,80 et 1,40 gramme par litre de sang (entre 1 et 1,4 g/l deux heures après un repas et entre 0,80 et 1,10 g/l à jeun le matin). On parle de diabète lorsque ce seuil glycémique à jeun (de 8 heures) est égal ou supérieur à 1,26 g/l (7 mmol/l) et vérifié à deux reprises d’intervalle.
- le diabète de type 1 (ou insulino-dépendant, aussi dit maigre, juvénile) : il concerne environ 10 % des cas et touche surtout des personnes jeunes. Cette forme de diabète est à l’origine d’une destruction progressive des cellules pancréatiques sécrétant l’insuline. Il nécessite un apport supplétif en insuline très régulièrement chaque jour.
- le diabète de type 2 (ou non insulino-dépendant , aussi dit gras, sucré ou de maturité) : cette forme la plus fréquente (90 % des cas) apparaît plutôt à l’âge adulte, après 40-50 ans. Elle se manifeste par une hyperglycémie chronique, qui doit être contrôlée quotidiennement.
Quels sont les facteurs de risques ou aggravants ?
- le surpoids, l’obésité (notamment présente au niveau abdominal. 80 % des individus diabétiques de type 2 sont en surpoids.)
- la sédentarité, le manque d’activité physique
- l’hypercholestérolémie (favorisant le risque de maladies cardiovasculaires, déjà plus élevé chez les sujets diabétiques)
- des antécédents familiaux, et prédispositions génétiques (parents proches présentant un diabète, notamment de type 1)
- le tabagisme (qui agit sur l’équilibre glycémique et altère le système cardio-vasculaire, déjà fragilisé chez les sujets diabétiques)
- la consommation excessive d’alcool (les apports caloriques et glucidiques des alcools doivent être pris en compte)
- certaines origines ethniques, qui seraient plus à risques (personnes de descendance africaine, asiatique, latino-américaine ou autochtone ??).
Ces facteurs associés peuvent aggraver et compliquer l’évolution et le traitement de la maladie.
Quels sont les symptômes associés à un diabète ?
- une sensation de soif intense (polydipsie)
- des urines fréquentes et abondantes (polyurie)
- une faim exagérée, constante (polyphagie)
- une vision altérée
- des picotements dans les mains et les pieds
- un amaigrissement
- une fatigue anormale, une somnolence.
Quelles sont les complications possibles d’un diabète ?
De nombreux organes comme le cœur, les yeux, les reins, les dents, les pieds, les mains, les organes sexuels, peuvent subir des lésions :
- Le risque d’atteintes cardiaques et vasculaires est 2 à 3 fois plus fréquent chez les sujets diabétiques (source : Association Française des Diabétiques).
- Les altérations de la vision (en particulier au niveau de la rétine) sont aussi favorisées : 50 % des diabétiques de type 2 sont touchés par la rétinopathie diabétique. Le risque de cécité existe.
- Les affections de la main (syndrome du canal carpien, la maladie de Dupuytren) sont aggravées par un diabète.
- Les pieds doivent faire l’objet d’une surveillance accrue : blessures et anomalies telles que les cors, durillons, crevasses, fissures, mycoses doivent impérativement être traitées, sous peine d’infections et d’ulcérations, pouvant aboutir dans les cas les plus graves à des amputations.
- Les complications rénales (la néphropathie) sont aussi à prévenir : en cas de diabète, la présence d'albumine dans les urines est à détecter annuellement (bilan urinaire). Les troubles rénaux peuvent se manifester par des fourmillements, des engourdissements ou une faiblesse au niveau des pieds et des mains.
- Une hygiène buccale satisfaisante permet d’éviter les risques dentaires et buccaux (carie, gingivite, parodontite, infections buccales) favorisés par le diabète.
- Le retentissement de la maladie sur la vie sexuelle peut être important : le diabète peut entre autres être à l’origine de mycoses et sécheresse vaginales chez la femme, d’infections, de prostatite, de troubles de l'érection et de l'éjaculation chez l’homme.
Toutes ces complications possibles démontrent l’importance de prévenir, sinon de prendre en charge un diabète.
De nombreux diabétiques « s’ignorent » et sont diagnostiqués uniquement après l’apparition des premières complications. Les professionnels de santé disposent de traitements et solutions diverses pour diagnostiquer et éviter, ou limiter, les risques liés au diabète.
Comment diagnostiquer et prendre en charge le diabète ?
Les résultats de la prise de sang, réalisée à deux reprises d’intervalle, pourront mettre en évidence une hyperglycémie chronique.
En cas de diabète, le médecin ou diabétologue précisera la forme de la maladie (type 1 ou 2), sa gravité, et proposera des solutions adaptées, en concertation avec le patient. La prise en charge d’un diabète vise à gérer le mieux possible la maladie au quotidien, et à prévenir les risques et complications associés. Elle repose sur :
- la pratique régulière d’une activité physique : elle permet à l’organisme de mieux utiliser les sucres ingérés et participe à abaisser la glycémie. L’activité sera aussi recommandée pour lutter contre le surpoids.
- la réduction des facteurs de risque : pour équilibrer au mieux un diabète et faciliter sa surveillance, il est important d’éliminer les facteurs aggravants de la maladie. Il sera donc conseillé de ne pas fumer, et de limiter la consommation d’alcool.
- la prévention des conséquences du diabète : un suivi médical approprié est indispensable pour éviter les complications liées au diabète. Le médecin ou diabétologue prescrira des examens médicaux réguliers (prise de sang avec dosage l'HbA1c à réaliser 4 fois par an ; bilan lipidique avec dosage des cholestérols ; test urinaire, surveillance rénale, ophtalmologique, et cardiovasculaire annuelle).
- les traitements médicamenteux : si les recommandations hygiéno-diététiques ne suffisent pas à maintenir l’équilibre du diabète, les professionnels de santé proposeront différentes solutions médicamenteuses. Des antidiabétiques oraux (ADO) et des injections d’insuline sont notamment disponibles.
Les patients diabétiques doivent surveiller leur glycémie quotidiennement et participer activement à leur traitement. Pour cela, il existe des lecteurs de glycémie, munis d’une bandelette sur laquelle est déposée une goutte de sang (prélevée sur la pulpe du doigt au moyen d’un autopiqueur). Cet outil de surveillance indique le taux de sucre dans le sang et permet ainsi de gérer les apports alimentaires, son activité, etc. Si nécessaire, le patient effectue une injection d’insuline, généralement à l’aide d’un stylo injecteur, muni d’une aiguille. Des pompes à insuline externe peuvent aussi être proposées : plus précises et programmables, elles délivrent en continu une faible dose d’insuline.
En cas de doutes, parlez-en avec votre médecin généraliste, ou endocrinologue, diabétologue, nutritionniste, etc.
Conseils pour prévenir le diabète et/ou ses complications
-
Il est possible de maintenir l’équilibre d’un diabète et de limiter les conséquences liées à la maladie :
- Avoir une alimentation adaptée, en suivant les recommandations du médecin, endocrinologue, diabétologue ou nutritionniste. - - Veiller à son poids corporel et prendre en charge un surpoids ou une obésité.
- - Pratiquer une activité physique régulière (natation, marche, etc.), qui régule la glycémie. Demandez conseils à votre médecin (type d’activité, recommandations sécuritaires, chaussures à porter, etc.).
- - Ne pas fumer et limiter la consommation d’alcool.
- - Favoriser la détente et limiter les sources de stress. Pratiquer des exercices de relaxation, la sophrologie, etc...
- - Respecter les traitements médicamenteux prescrits et suivre les conseils individualisésdes différents professionnels de santé. Veiller impérativement à avoir un suivi médical régulier, et réaliser les examens demandés (prise de sang, bilan urinaire, surveillance rénale, ophtalmologique, et cardiovasculaire, etc.).
- - Bien connaître la maladie, et apprendre les bonnes pratiques (contrôler ses apports alimentaires ; utiliser le lecteur de glycémie, le stylo injecteur ou la pompe ; prendre soin de ses pieds, de ses mains, etc.).
Pour en savoir plus sur le diabète
Diabète, changez son évolution (Fédération Française de Cardiologie)
www.diabete2-patients.com
www.eclairersurlapompe.fr
- 130 desserts pour diabétiques de C. Fouquet, C. Pinson, et A. Sola-Gazagnes (Broché - septembre 2005)


.jpg)