Savoir reconnaître les symptômes d'un infarctus du myocarde peut sauver des vies. En France, on estime à environ 100 000 le nombre d’infarctus du myocarde par an. Il s'agit donc d'un accident cardiaque qui n'est pas si rare. Parmi les patients pris en charge, 7 % décèdent dans le premier mois et au total, 13% décèdent au cours de la 1ère année. Cette mortalité a été réduite de moitié en 10 ans grâce à une amélioration globale de la prise en charge. La question de la prévention de l'infarctus du myocarde est un sujet important, il est primordial que le plus grand nombre soit sensibilisé.(source : Haute Autorité de Santé - programme 2007-2010 d’amélioration de la prise en charge de l’infarctus myocardique).
Qu’est ce qu’un infarctus du myocarde ? Qu'est-ce qu'un angor ?
Un infarctus du myocarde (IDM) est un accident cardiaque : on parle couramment de « crise cardiaque ». Il correspond à une atteinte du muscle du cœur (le myocarde) : les artères coronaires qui alimentent le cœur en oxygène sont obstruées à la suite d’un caillot sanguin ou thrombus. Le myocarde n’est alors plus suffisamment vascularisé : il en résulte des lésions potentiellement irréversibles et en particulier une nécrose (destruction d'une partie plus ou moins étendue) des cellules du myocarde, privées d'oxygène. Le fonctionnement de la pompe cardiaque est altéré et provoque des contractions anarchiques qui nécessitent une prise en charge médicale d’urgence : le pronostic vital est en jeu car le cœur est défaillant.
L’angor, ou angine de poitrine, est une manifestation cardiaque qui doit alerter : il témoigne d’une mauvaise irrigation des artères coronaires et d’un manque d’oxygène du cœur. Ce trouble coronarien se caractérise par une vive douleur au niveau de la poitrine, comme un étau qui se resserre le plus souvent : il peut se compliquer et aboutir à l’infarctus. L’angor peut être chronique : il est alors stabilisé et pris en charge à l’aide d’un traitement médicamenteux.
Important :
Lorsque la douleur est caractérisée ou persistante, les secours doivent être alertés (composer le 15 pour joindre le Samu). En cas d’arrêt cardiaque, les gestes de premiers secours doivent être appliqués le plus vite possible. La rapidité de réaction est décisive et peut permettre de limiter les dégâts que peut entraîner un accident cardiaque.
(carte de poche de l'arrêt cardiaque – Fédération française de cardiologie ).
Quels sont les causes et les facteurs de risque(s) de ces troubles coronariens ?
L'angor et l’infarctus du myocarde sont favorisés par le rétrécissement ou l’obstruction des artères coronaires qui irriguent le muscle du cœur. Ils sont essentiellement provoqués par l'athérosclérose. Celle maladie coronaire se caractérise par un dépôt de graisse dans la paroi interne des artères (plaques d'athérome), qui rétrécit progressivement le diamètre des vaisseaux et diminue l'apport de sang au cœur.
L’infarctus du myocarde peut survenir dès l’âge de 40 ans. En moyenne, il toucherait les hommes à partir de 55 ans et plus tardivement les femmes post-ménopausées, à partir de 65-70 ans. Ce type d'accident cardiaque n'est pas à prendre à la légère; un effort particulier doit donc être fourni auprès de ces populations à risque pour qu'elles soient plus à même de prévenir un infarctus.
Les principaux facteurs de risque et d’aggravation de l'infarctus sont identiques aux autres maladies cardio-vasculaires :
- les facteurs génétiques (antécédents familiaux d'affections cardio-vasculaires)
- l’avancée dans l’âge (processus naturel du vieillissement)
- certaines pathologies et troubles : hypertension artérielle (HTA), diabète (excès de sucre dans le sang), angor chronique, accident vasculaire cérébral, et autres affections cardio-vasculaires (embolie coronarienne, etc.).
- un excès de cholestérol et de graisses (hypercholestérolémie et autres dyslipidémies)
- le surpoids et l’obésité (le tour de taille est une valeur indicative. Attention si celui-ci est supérieur ou égal à 88 cm chez une femme et 102 cm chez un homme – source : fédération française de cardiologie).
- la sédentarité, l’absence d’exercice physique
- le tabagisme
- une alimentation déséquilibrée
- un stress intense.
Plus ces facteurs de risque sont associés les uns aux autres, plus le risque de subir un accident cardiaque est élevé.
Quels sont les symptômes de l'infarctus du myocarde et de l'angor ?
L’angor et l’infarctus du myocarde se manifestent généralement brutalement, après un effort ou une émotion, par une vive et intense douleur thoracique, derrière le sternum, au milieu de la poitrine (sensation de serrement en étau, d’écrasement, d’oppression, de barre, de brûlure).
D’autres symptômes signes d'un infarctus du myocarde ou d'un angor peuvent être ressentis :
- douleurs au niveau de la mâchoire, dans le bras et le poignet gauche, dans le dos ou le ventre,
- essoufflements, vertiges et malaises, nausées ou vomissements, sueurs, pâleur, maux de tête, angoisse, etc.
Ces douleurs peuvent notamment apparaître la nuit, au repos, après un repas ou lors d’un effort.
Un angor peut s’aggraver brutalement. La douleur thoracique liée à un infarctus évoque une angine de poitrine, mais se prolonge au-delà de 20 minutes. Lorsque ces signes d’alerte persistent ou ne sont pas soulagés par les médicaments adaptés (traitement de l’angor chronique, médicament vaso-dilatateur tels que la trinitrine), l’évolution en infarctus du myocarde peut être suspectée : il est indispensable de contacter en urgence le centre 15 (SAMU). Reconnaître les symptomes d'un infarctus du myocarde peut potentiellement vous aider un jour à sauver la vie d'un collègue ou d'un proche. Il n'est pas rare que les individus ne s'intéressent à la question de la prévention d'un infarctus qu'après en avoir été la victime ou qu'après avoir vu une personne de son entourage en souffrir. Cela est dommageable.
Il est à noter qu’un infarctus peut parfois être asymptomatique, sans douleurs apparentes, en particulier chez les personnes diabétiques.
Comment diagnostiquer et prendre en charge un angor et un infarctus du myocarde ?
Un accident cardiaque est une urgence vitale : alerter les secours est primordial. Un médecin urgentiste pourra poser un diagnostic : si la situation le permet, un interrogatoire sur les symptômes ressentis et les antécédents de la victime orientera le médecin.
Des examens (cliniques, électriques (ECG), sanguins, d’imagerie) permettent d’observer, de contrôler le rythme cardiaque, d’identifier les lésions possibles du myocarde et de confirmer le diagnostic. Un électrocardiogramme (ECG) détermine si les artères coronaires sont totalement obstruées et précise le siège de l’infarctus et les artères concernées. Selon les résultats et la rapidité de l’intervention, le médecin pourra par exemple recourir :
- à un traitement médicamenteux pour détruire le caillot sanguin et débloquer les artères (thrombolytiques, etc.)
- et/ou à un dispositif mécanique chirurgical (ballonnet gonflable notamment) pour dilater et désobstruer l’artère (coronarographie avec angioplastie)
Les différentes interventions médicales doivent être réalisées le plus vite possible pour rétablir le fonctionnement cardiaque et la circulation sanguine. Après un infarctus, un suivi médical régulier est indispensable pour éviter les récidives. Le médecin propose une réadaptation cardiaque s’appuyant sur un traitement médicamenteux (anti-agrégants plaquettaires, vasodilatateurs, antihypertenseurs, normolipémiants, etc.) et des conseils pour améliorer son mode de vie.
Prévention de l'infarctus du myocarde et de l'angor : les bons gestes à adopter
- L’amélioration de l’hygiène de vie contribue à prévenir les accidents cardiaques tels que l’angor ou l’infarctus du myocarde et à éviter les récidives. Les principales règles hygiéno-diététiques suivantes peuvent éviter la survenue de complications cardio-vasculaires :
- - Avoir une alimentation équilibrée et variée : il est notamment recommandé de limiter sa consommation de graisses, de sel et d'alcool (néfastes au système cardio-vasculaire) et de favoriser les fruits et légumes. L’alcool peut aussi réduire l’efficacité des médicaments, il est donc vivement recommandé d’en boire le moins possible.
- - Pratiquer une activité physique régulière : elle améliore les capacités cardiaques et participe à lutter contre le surpoids et l’obésité, qui sont des facteurs aggravants. Les exercices d’endurance tels que la marche, la natation, la gymnastique, le vélo, l’aquagym, le yoga, sont conseillés. Evitez les efforts physiques après les repas. A noter que les activités et sports doivent être adaptés en fonction de votre état de santé . Les angors et infarctus sont parfois liés à un effort trop violent et brusque. Parlez-en avec votre médecin.
- - Stabiliser son poids corporel et lutter contre le surpoids : une perte de poids, même faible, peut si besoin, être bénéfique pour le cœur et la circulation sanguine.
- - Ne pas fumer : le tabagisme, même passif, est un facteur de risque important de troubles cardio-vasculaire.
- - Favoriser un mode de vie sain : éviter les sources de stress, avoir un sommeil de qualité (une courte sieste est bénéfique).
- - Avoir un suivi médical, notamment en présence de facteurs de risque ou d’antécédents cardiaques : à partir de 50 ans, faire contrôler régulièrement le taux de cholestérol, la glycémie (diabète éventuel), la tension artérielle.
- - Prendre les traitements médicamenteux prescrits : respecter les conseils et les posologies des médicaments pour les éventuelles pathologies (hypertension artérielle, athérosclérose, hypercholestérolémie, diabète, etc.).
- En cas d’antécédents d’infarctus ou d’angor chronique, le médecin vous prescrira peut être des vaso-dilatateurs tels que la trinitrine : gardez-ce médicament à disposition en cas de douleurs thoraciques intenses et soudaines.
A noter :
Si vous ressentez des symptômes évocateurs d’un trouble coronarien (vive douleur thoracique, irradiant dans le bras gauche, etc.), contactez le 15 (SAMU).
Vous pouvez être témoin d’un infarctus : se former aux gestes de premiers secours peut permettre de sauver une vie. Les formations incluent notamment l’utilisation des défibrillateurs automatisés externes, qui délivrent des chocs électriques : ils sont désormais installés dans les lieux publics (hall de gare, aéroport, centre commercial, complexes sportifs, etc.). Utilisable par tout citoyen, cet appareil donne des instructions vocales pour pratiquer la réanimation cardiaque, en attendant les secours (Arrêt cardiaque : une vie = 3 gestes – Fédération française de cardiologie).
Pour en savoir plus sur l'infarctus du myocarde
Cœur de seniors (Fédération française de cardiologie - FFC)
Activité physique, bougez, musclez votre cœur (FFC)
Lutter contre l’infarctus : nous sommes tous concernés (HAS)
Après l'accident coronaire...Redémarrez ! (FFC)
www.fedecardio.com
www.fondacoeur.com
www.1vie3gestes.com
Ouvrages
- Bien vivre après un infarctus de M. Serrand (Broché - mai 2007)
- Bien manger après un infarctus de D. Muller (Broché - juillet 2002)
- Infarctus, angine de poitrine : Les éviter, faire face ou vivre avec de J.P Ollivier et Pr. Gandjbakhch (Broché - mars 2003)


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