En France, on recense annuellement environ 130 000 cas d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), à l’origine de 40 000 décès, et de séquelles importantes pour 30 000 patients. L’AVC est la seconde cause de démence après la maladie d’Alzheimer.
15 % des accidents vasculaires cérébraux surviennent chez les moins de 50 ans, 25 % chez les moins de 65 ans, et plus de 50 % chez les personnes de 75 ans et plus. Le risque de récidive d’AVC à 5 ans est estimé entre 30 et 43 %. (sources : Ministère de la santé - HAS).
Il est réellement nécessaire de s'informer afin de mieux prévenir les AVC et limiter leurs dégâts.
Qu’est ce qu’un AVC ?
Les cellules d’une partie du cerveau étant insuffisamment alimentées, ou privées totalement en oxygène et nutriments, sont endommagées et ne peuvent plus fonctionner correctement. Les cellules cérébrales lésées peuvent être à l’origine de séquelles plus ou moins invalidantes, en fonction de la zone touchée du cerveau (paralysie, aphasie, troubles cognitifs, etc.).
On distingue deux type d’accidents vasculaires cérébraux :
- L’AVC ischémique (ou infarctus cérébral) : survenant plus fréquemment (dans 80 % des cas), il est causé par un caillot sanguin qui obstrue une artère du cerveau.
- L’AVC hémorragique (ou hémorragie cérébrale) : il concerne 20 % des cas. Il est provoqué par la rupture (ou éclatement) d’une artère du cerveau ou d’une artère arrivant au cerveau, entrainant alors une hémorragie.
A noter qu’un AVC peut parfois être précédé d’un « Accident Ischémique Transitoire » (AIT), qui résulte également de la présence d’un caillot obstruant un vaisseau cérébral. A la différence de l’AVC ischémique, l’AIT dure en moyenne moins d’une heure et ne laisse aucune lésion cérébrale visible. Un AIT est un signe d’alerte qui impose nécessairement une prise en charge en urgence et des examens complémentaires.
En cas d’AIT ou d’AVC, les secours doivent être alertés le plus rapidement possible (composer le 15 pour joindre le Samu).
Quels sont les causes et les facteurs de risques d'un AVC ?
Certains autres facteurs de risque favorisent la survenue ou la récidive d’un AVC, notamment : l’artériosclérose (dépôt de graisse sur les parois des vaisseaux), l’hypertension artérielle (HTA), les antécédents personnels et familiaux d’accident cardio-vasculaire précoce (infarctus du myocarde, arrêt cardiaque), les troubles du rythme cardiaque, les dyslipidémies (excès de graisses, hypercholestérolémie), le diabète, le surpoids ou l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool, une mauvaise alimentation, la sédentarité.
Plus ces facteurs de risque sont associés les uns aux autres, plus les risques d'AVC sont élevés.
Un AVC peut entraîner des séquelles et handicaps plus ou moins importants (en fonction de la localisation cérébrale atteinte) : des troubles de la vision, de la parole et de l'audition ; des difficultés cognitives, de concentration et de mémoire ; une paralysie ou faiblesse d'un côté du corps, une incapacité à reconnaître ou utiliser des objets du quotidien, une fatigue, une dépression, un changement de personnalité, des troubles des émotions, du comportement, etc.
Savoir identifier les signes pour mieux prévenir les AVC
- Troubles moteurs (hémiplégie) : faiblesse soudaine d’une moitié du corps (visage, bras, jambe), paralysie d’un ou plusieurs membres, difficulté à se servir d’une main, déformation brutale du visage, tremblement localisé,
- Troubles de la vision : image double, perte momentanée de la vision d’un œil
- Difficultés transitoires de l’élocution : aphasie, difficultés à articuler, à s’exprimer ; incompréhension soudaine, perte des mots, phrases incompréhensibles, etc.
- Mal de tête violent et persistant, non soulagé par un anti-douleur (paracétamol) ; nausée, vomissement.
Comment réagir en cas d’urgence ?
Comment diagnostiquer et prendre en charge un AVC ?
Les examens réalisés à l’hôpital permettent de confirmer et d’affiner le diagnostic. Le médecin neurologue (spécialiste du système nerveux) pourra notamment demander la réalisation d’un scanner, d’une IRM, d’un écho doppler (transcrânien, carotidien) ; pour visualiser un caillot ou un saignement hémorragique, repérer un rétrécissement d’une artère, détecter les lésions anormales, etc (Explication des examens complémentaires - Association Sos attaque cérébrale ).
Dans le cas d’un AVC ischémique, les équipes soignantes recourent généralement à la thrombolyse ou la fibrinolyse. Il s’agit d’administrer un médicament (actilyse) afin de dissoudre le caillot pour désobstruer l’artère concernée. D’autres médicaments (anti-agrégants plaquettaires, anticoagulants) serviront à prévenir la formation de caillots.
En cas d’AVC hémorragique, une intervention chirurgicale permet de retirer le sang accumulé et de traiter un éventuel anévrisme de l’artère. Une endartériectomie ou une angioplastie (pour retirer ou dilater la zone atteinte de l’artère) pourra être pratiquée pour limiter le risque de récidive.
Par la suite, une réadaptation sera proposée et adaptée à chaque situation individuelle : rééducation de la motricité, de la parole, du langage, de la déglutition ; adaptation du lieu de vie, etc. Les exercices de réadaptation ont pour objectif de compenser les séquelles cognitives, comportementales, les pertes fonctionnelles, et de maintenir au maximum l’autonomie du patient. Selon les cas, plusieurs professionnels de santé interviendront dans la prise en charge : neurologue, kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, psychologue, etc.
Après la survenue d’un AVC, une surveillance médicale rapprochée est indispensable : un traitement médicamenteux et des recommandations pour améliorer l’hygiène de vie pourront éviter une récidive.
- Prise en charge médico-sociale lors du retour au domicile (Association Sos attaque cérébrale)
- Guide patient : Vivre après un accident vasculaire cérébral (HAS)
Comment prévenir les AVC ? Quelles habitudes adopter pour limiter les risques ?
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L’amélioration de l’hygiène de vie contribue à prévenir le risque de survenue d’un AVC et à éviter les récidives. Les principales règles hygiéno-diététiques suivantes peuvent éviter les complications vasculaires :
- - avoir un suivi médical régulier et prendre les traitements médicamenteux prescrits : respecter les conseils et les posologies des médicaments pour les éventuelles pathologies (hypertension artérielle, artériosclérose, hypercholestérolémie, diabète, antécédent d’AIT ou AVC, etc.). Consulter régulièrement votre médecin traitant. Réaliser annuellement un bilan sanguin et lipidique (prise de sang) et surveiller votre pression artérielle.
- - ne pas fumer : le tabagisme est un facteur de risque important.
- - avoir une alimentation équilibrée et adaptée : il est notamment recommandé de limiter sa consommation de graisses et de sel (néfastes au système cardio-vasculaire) et de favoriser les fruits et légumes.
- - limiter la consommation de boissons alcoolisées : l’alcool augmente la pression artérielle et peut aussi réduire l’efficacité des médicaments, il est donc vivement recommandé d’en boire le moins possible.
- - pratiquer une activité physique régulière : elle participe à lutter contre l’hypertension artérielle, le surpoids et l’obésité, qui sont des facteurs de risque d’AVC. Les exercices d’endurance tels que la marche, la natation, la gymnastique, le vélo, l’aquagym, le yoga, sont conseillés. A noter que les activités et sports doivent être adaptés en fonction de votre état de santé. Parlez-en avec votre médecin.
- - avoir un poids de santé et lutter contre le surpoids : en cas de surcharge pondérale, une perte de poids sera bénéfique pour le cœur et la circulation sanguine.
Essayer de vous maintenir en bonne santé est déjà un premier pas pour prévenir les risques d'AVC. Rappelons qu’un suivi médical régulier auprès du médecin généraliste est nécessaire à partir de 50 ans. Si vous reconnaissez les signes annonciateurs d’un accident ischémique transitoire ou d’un accident vasculaire cérébral, contactez immédiatement le Samu en composant le 15.
Pour en savoir plus sur les AVC
www.sante-sports.gouv.fr
www.inserm.fr
Guide patient : Vivre après un accident vasculaire cérébral


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