Très répandus, les troubles dépressifs sont fréquents et peuvent toucher chaque individu, indépendamment de son âge, de sa situation personnelle, de son niveau social : il n’y a pas de profil type. On estime qu’environ 20 % des français âgés de 15 à 75 ans (soit près de 9 millions de personnes) ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie.(source : enquête anadep – Inpes 2005)
Qu’est ce que la dépression ?
La dépression est une maladie psychique entraînant une souffrance morale importante et permanente, qui perturbe considérablement la vie quotidienne. Selon l’intensité des symptômes, la dépression peut être légère, modérée ou grave.
On distingue plusieurs formes de la maladie. La dépression majeure se manifeste généralement par vague d’épisodes dépressifs caractérisés. La dépression chronique (avec symptômes intenses) ou la dysthymie (avec des signes atténués) peuvent s’installer dans le temps et durer plusieurs années. Les troubles bipolaires quant à eux se caractérisent par l’alternance de phases dépressives et de périodes de surexcitation (appelées phases maniaques).
Contrairement à certains a priori, la dépression n’est pas liée à une faiblesse de caractère ou une personnalité fataliste, mais représente une véritable maladie à part entière, dont la réalité est parfois mal comprise. Il ne faut pas la confondre avec un « coup de blues » ou un « vague à l’âme » ponctuels. Les moments de doute, de questionnement, la tristesse et le découragement sont des émotions humaines qui font parties intégrantes de la vie.
On parle de maladie dépressive lorsque certains signes sont associés :
- la souffrance morale ressentie est intense, profonde et inhabituelle et les perturbations de l’humeur sont nombreuses,
- ces difficultés se manifestent durant plus de 2 semaines, de façon presque permanente, tous les jours et quasiment toute la journée,
- ces troubles occasionnent une gêne importante dans la vie quotidienne et se répercutent sur les plans affectif, social et professionnel : perte des centres d’intérêts, insomnie d’endormissement ou au réveil, difficultés ou impossibilité à se lever, à effectuer les activités habituelles, à se concentrer, à sortir, à faire des courses, etc..
Les idées suicidaires peuvent également être fréquentes au cours d’une dépression et doivent être signalées à un professionnel de santé. En cas de crise suicidaire, durant laquelle une personne est envahie par les émotions et un sentiment d’impuissance ; les urgences des hôpitaux, des centres d’accueil et de crise ainsi que des numéros téléphoniques d’écoute sont mobilisables.
La dépression peut être traitée mais nécessite une prise en charge professionnalisée (par un médecin généraliste, un psychiatre, un psychologue, etc.).
Quels sont les origines d’une dépression et ses facteurs de risques ?
La dépression n’est pas entraînée par une raison unique mais résulte d’un ensemble de facteurs réunis.
Il peut s’agir de facteurs :
- biologiques : les symptômes dépressifs sont entre autres liés à un dysfonctionnement des cellules du cerveau, qui se caractérise par une perturbation de certaines substances chimiques (neurotransmetteurs ou neuromédiateurs). Les médicaments antidépresseurs visent justement à agir sur le bon fonctionnement de ces substances.
- psychologiques : certains mécanismes psychologiques, remontant à l’enfance, ou liés à des comportements intellectuels, relationnels et émotionnels sont impliqués dans la dépression (mauvaise estime de soi, sentiments de perte ou d’abandon, etc.). La psychothérapie peut intervenir sur ces mécanismes et agir sur la dépression.
- liés à l’environnement social ou familial de la personne : des événements de la vie (deuil, maladie, séparation affective, conflits, etc.) ou un stress excessif et permanent peuvent favoriser la survenue d’une dépression.
La dépression peut toucher tous les individus. Certaines personnes semblent cependant plus prédisposées à souffrir de la maladie dépressive, notamment les femmes, les sujets présentant des antécédents familiaux, les individus prenant certains médicaments (psychostimulants, stéroïdes, corticostéroïdes, anabolisants, anticonvulsivants) et les personnes âgées.
En effet, les seniors sont fragilisés, et évoquent fréquemment des signes anxieux. Leur dépression passe souvent inaperçue et reste mal diagnostiquée et traitée (car confondue avec des signes relatifs au vieillissement).
Les troubles dépressifs des sujets âgés peuvent notamment être liés à une solitude et un isolement social ou géographique, au décès d’un proche, à l’apparition d’une maladie, à certains facteurs physiologiques entraînés par la vieillesse (baisse de la sérotonine, modifications métaboliques, etc.) ; à une sous-alimentation et certaines carences nutritionnelles (en vitamine B12 et acide folique notamment) favorisant la dépression.
Précisons qu’être triste ou pessimiste ne doit pas être considéré comme normal lorsqu’on est âgé. Les traitements à disposition sont nécessaires et aussi efficaces quand on avance dans l’âge : il est donc important de se faire aider et d'être pris en charge.
A noter qu’une automédication est risquée : la surconsommation d’anxiolytiques (benzodiazépines, etc.) est proscrite, car ces médicaments ne permettent pas de soigner la dépression.
Quelque soit l’origine de la maladie, la dépression doit être prise en charge par des professionnels de santé : des traitements existent.
Quels sont les principaux signes et symptômes dépressifs?
La dépression entraîne un changement profond et radical par rapport au fonctionnement habituel. Elle se manifeste par un ralentissement général de l’activité, et perturbe la vie affective, l’ensemble des relations (familiales, sociales, etc.), le fonctionnement intellectuel, la forme physique, ainsi que les mécanismes vitaux et corporels. Des symptômes spécifiques, prolongés durant plus de deux semaines, peuvent être observés par la personne ou repérés par ses proches. Il est difficile de juger de son propre état psychologique, c’est pourquoi l’entourage peut jouer un rôle dans la détection des premiers signes d’alerte. Dans tous les cas, un avis médical est conseillé.
Un même individu peut ne pas présenter tous ces symptômes :
- fatigue importante, baisse de la forme physique, manque d’énergie,
- souffrance morale permanente, tristesse profonde, envie de pleurer sans raison évidente, désespoir,
- signes physiques (problèmes digestifs, maux de tête, articulations douloureuses, tension artérielle déréglée, etc.),
- angoisses fréquentes, troubles anxieux (gorge serrée, sensation d’oppression, difficultés respiratoires, ventre noué, peur, etc.),
- ralentissement général, manque de force physique et morale,
- ralentissement intellectuel, difficultés à fixer son attention, à se concentrer, à réfléchir et à mémoriser,
- absence d’intérêt, impossibilité à éprouver du plaisir,
- perte d’estime de soi, dévalorisation, sentiments d’inutilité, d’abandon, d’isolement, de culpabilité,
- émotions exacerbées, hypersensibilité,
- perte d’appétit ou à contrario fringales inhabituelles, fluctuations du poids corporel,
- pensées morbides, idées noires voire suicidaires,
- sommeil de mauvaise qualité, non réparateur (réveil précoce, insomnie, ou inversement excès de sommeil pour se réfugier),
- troubles liés à la sexualité (baisse ou absence de désir, de plaisir, etc...


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