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Un fumeur sur deux est atteint d'une bronchite chronique

bronchite chronique, tabac, toux, cancer du poumon, insuffisance respiratoire

La bronchite chronique est une maladie grave qui touche en France environ 2,5 millions de personnes. Sa fréquence a augmenté de 40 % en 10 ans. Un fumeur sur deux est atteint d'une bronchite chronique. Rappelons aussi qu’un fumeur sur deux décède des conséquences de son tabagisme.

 

Qu’est-ce qu’une bronchite chronique ?
 

Une bronchite chronique est une maladie des bronches qui retentit sur le bon fonctionnement de l’appareil respiratoire. Elle se caractérise par une toux et des expectorations répétées durant minimum trois mois par an, et pendant au moins deux années consécutives. L’inflammation entraine une enflure des bronches et une surproduction de sécrétions (mucus), qui obstruent les voies aériennes.
Progressivement, les tissus respiratoires sont endommagés, la ventilation est réduite (quantité d’oxygène moindre), la respiration devient de plus en plus difficile. La bronchite chronique est susceptible d’évoluer et de s’aggraver (notamment lors de poussées congestives).

La broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO correspond à un stade avancé de la maladie : elle peut aboutir à une insuffisance respiratoire (apport en oxygène réduit).

A noter qu’une bronchite chronique peut être associée à un emphysème pulmonaire (altération des alvéoles des poumons).

Les bronchites chroniques et BPCO apparaissent généralement après plusieurs années de tabagisme. Elles retentissent considérablement sur les activités quotidiennes, majorent les facteurs de risques d’autres maladies et altèrent fortement la qualité de vie.

 

Quels en sont les causes et facteurs de risque ?

 
Le tabagisme est aujourd’hui le principal responsable des maladies respiratoires, en particulier dans le cas des bronchites chroniques, BPCO, emphysème et insuffisance respiratoire. Les lésions broncho-pulmonaires provoquées par la cigarette sont irréversibles. Le tabac est toujours néfaste à la santé, même le tabagisme passif. Il irrite les muqueuses des bronches, détruit les cils vibratiles (qui jouent un rôle protecteur) et à long terme, provoque une inflammation chronique. Les parois des bronches sont endommagées : l’air passe de plus en plus difficilement dans les poumons, et les alvéoles (qui permettent les échanges gazeux avec l’organisme) sont moins oxygénées. Le corps, les organes et tissus sont alors insuffisamment alimentés en oxygène. Rappelons que le tabac favorise la survenue des pathologies respiratoires et cardiaques mais aussi de multiples cancers (des poumons, de la vessie, de la sphère ORL, etc.).

La pollution de l’air et l’exposition à certaines substances toxiques, reconnues dangereuses et cancérogènes (notamment dans le contexte professionnel), sont susceptibles de provoquer ou d’aggraver ces troubles respiratoires (inhalation de poussières textiles végétales, d’oxyde de fer, d’arsenic, de vapeurs de solvants, etc.).

Les antécédents personnels d’affection respiratoire peuvent également favoriser l’apparition de la bronchite chronique.
 
En savoir plus :

Quels sont les principaux symptômes associés à une bronchite chronique ou à une BPCO ?

 
La bronchite chronique, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (stade avancé), et les troubles respiratoires en généraux sont associés à divers symptômes :
- une toux répétée, des sécrétions et expectorations (crachats, mucus)
- un essoufflement (avec ou sans effort), une gêne pour respirer, une impression de manquer d’air (dyspnée)
- une respiration sifflante
- des infections respiratoires fréquentes (pneumonie, etc.)
- une fatigue et éventuellement une perte de poids.
Il est indispensable de consulter un médecin ou pneumologue si vous présentez ces signes respiratoires.

Les patients atteints de bronchite chronique ou, à un stade plus évolué, d’une BPCO ; doivent être vigilants : ces maladies peuvent s’aggraver au cours de poussées congestives (crises) qui se manifestent notamment par :
- une gêne respiratoire accrue.
- une quantité et une coloration inhabituelle des crachats ou mucus (jaune, vert, foncé)
- une douleur thoracique
- de la fièvre
- des étourdissements, des maux de tête (en particulier le matin).

Il est nécessaire de reconnaître ces poussées pour demander l’avis et les conseils d’un médecin. Un traitement adapté peut éviter ou limiter l’aggravation et les complications de ces maladies pulmonaires obstructives chroniques.
 

Comment diagnostiquer et traiter une bronchite chronique ou BPCO ?

La bronchite chronique apparait progressivement : les signes et gênes respiratoires doivent vous alerter. Le diagnostic repose sur l’auscultation pulmonaire, la radiographie des poumons, et une « exploration fonctionnelle respiratoire». Cet examen indolore permet d’évaluer la sévérité et de suivre la maladie. Il vise à mesurer la respiration (volumes pulmonaires, débits bronchiques, échanges gazeux, etc.) et analyse le passage de l’air dans les bronches : le patient doit simplement souffler dans un appareil spécifique (un spiromètre).
 
Le traitement de la bronchite chronique et de la BPCO repose principalement sur l’éviction du tabagisme. Arrêter de fumer, s’écarter d’une ambiance polluée, peut ralentir l’aggravation des symptômes, prévenir les dommages ultérieurs, et soulager la gêne respiratoire.
 
Des solutions thérapeutiques peuvent être proposées par le médecin généraliste ou pneumologue :
- la prise de médicaments : les traitements prescrits sont adaptés à la sévérité de la maladie. Les principaux médicaments utilisés sont les bronchodilatateurs (anticholinergiques, beta-2-agonistes, xanthines, etc.), qui ouvrent les voies aériennes (calibre des bronches) et facilitent la respiration. Ils peuvent avoir un délai d’action court ou long. Des médicaments de type corticostéroïde sont parfois associés, pour diminuer l’inflammation et l’enflure des bronches. Ces remèdes se présentent sous forme de comprimés ou d’inhalateur (pompe). En cas d’infection (virale ou bactérienne), des antibiotiques sont nécessaires. La vaccination contre la grippe et le pneumocoque sera recommandée. Dans les cas de bronchites chroniques très sévères, le recours à l’oxygénothérapie peut être envisagé (appareil respiratoire fournissant un supplément d’oxygène, il en existe avec lesquels on peut se déplacer).
- la prévention des poussées congestives : pour limiter l’aggravation de la maladie, il est important d’apprendre à reconnaître les signes d’une poussée, d’éviter l’exposition aux facteurs déclencheurs, et de réduire les risques d’infections pulmonaires (souvent à l’origine des poussées ou crises)
- la kinésithérapie respiratoire, la réhabilitation ou réadaptation pulmonaire : elle apprend notamment aux patients à mieux respirer et à gérer la maladie au quotidien (techniques de respiration pour contrôler l’essoufflement et la fatigue, amélioration du mode de vie, conseils pour pratiquer une activité physique, s’alimenter et éviter le surpoids, etc.)
- le recours à la chirurgie : rarement et sous certaines conditions (forme grave de bronchite chronique, pronostic vital en jeu), une intervention chirurgicale peut être proposée pour prendre en charge une broncho-pneumopathie chronique obstructive. Plusieurs techniques existent (dont la réduction du volume pulmonaire et la transplantation pulmonaire).

Les cures thermales peuvent être complémentaires à ces solutions et s’avérer efficaces pour soulager les symptômes respiratoires.
 
Une bronchite chronique nécessite impérativement un suivi médical : en l’absence de prise en charge, des complications graves comme l’insuffisance respiratoire et/ou cardiaque sont possibles.
 
En savoir plus
 
 

Comment prévenir la BPCO et les maladies respiratoires ?

  • La principale recommandation pour prévenir la bronchite chronique reste de ne pas fumer (ni activement ni passivement). Tous les modes de consommation présentent des risques (cigarettes, cigares, cigarillos, pipes, narguilé). Les cigarettes légères ou «light» ne sont pas moins nocives et le tabagisme passif est également dangereux. 
  • Les bénéfices de l’arrêt sont réels et visibles, à tous les âges : il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer.
  • La journée mondiale sans tabac se déroule chaque année le 31 mai : une des dates propices, pour enfin décider de ne plus fumer. 
 

 

 

 

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Les addictions : lutter contre la dépendance

 

Pour en savoir plus sur la bronchite chronique
 

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 17/08/10
  
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