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Rhumatismes : 1 personne sur 5 est concernée

Les maladies ostéoarticulaires sont à l’origine des douleurs et incapacités physiques les plus fréquentes chez les séniors. Elles affectent les os, les cartilages, les tendons, les disques intervertébraux. 20 % de la population française souffre de rhumatismes soit une personne sur cinq. (source : Association Française de Lutte Antirhumatismale - AFLAR)

 

Qu’appelle-t-on « rhumatismes » ?

Le terme générique « rhumatismes » rassemble un large ensemble de pathologies affectant l’appareil locomoteur, à savoir : les os, la colonne vertébrale (ou rachis), les articulations, les muscles et les tendons. Ces rhumatismes sont à l’origine de douleurs articulaires aiguës ou chroniques ; de gênes fonctionnelles, et peuvent retentir et altérer considérablement la qualité de vie des patients.
Parmi les principaux rhumatismes, citons les plus fréquents :
l’arthrite (touchant la membrane synoviale), l’arthrose (affectant le cartilage), l’ostéoporose (atteignant les os), la tendinite (les tendons), la polyarthrite rhumatoïde (les articulations des membres), la spondylarthropathie (affectant généralement la colonne vertébrale), la spondylarthrite ankylosante, le lupus, la fibromyalgie, etc.
On distingue les affections rhumatismales inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde par exemple) de celles dégénératives (comme l’arthrose).
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques (environ 300 à 600 000 personnes atteintes en France) : elle altère progressivement et de façon irréversible les articulations. Elle touche davantage les femmes (4 fois plus), et apparaît le plus souvent entre 40 et 60 ans. Elle se caractérise par une inflammation de l’articulation (membrane synoviale) et concerne généralement les articulations des membres (atteinte souvent symétrique et bilatérale), en particulier les mains, les poignets et les genoux. Il existe des formes plus ou moins graves et invalidantes : des médicaments efficaces pour ralentir ou stopper l’évolution de la maladie sont disponibles (méthotrexate, léflunomide, anti-TNF, biothérapies, etc.). En l'absence de traitement, la polyarthrite peut aboutir à des déformations physiques et un handicap sévère.
 

Quels sont les facteurs de risques ?

Plusieurs facteurs participent à favoriser les douleurs rhumatismales :
- l’âge (les rhumatismes sont fréquents chez les sujets âgés mais peuvent survenir à tous les âges) et le sexe (les femmes, après la ménopause, en raison de facteurs hormonaux, sont plus concernées par l’arthrose, l’ostéoporose, l’arthrite rhumatoïde, etc.)
- le surpoids et l’obésité (qui accentuent l’excès de pression sur les articulations portantes des membres inférieurs) 
- la sédentarité, le manque d’activité physique
- une sollicitation répétée des articulations (dans le cadre professionnel, la pratique sportive intensive, etc.)
- des antécédents familiaux, prédispositions génétiques
(parents proches atteints de maladies rhumatismales comme l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde, etc.)
- certaines anomalies articulaires congénitales (dysplasies, subluxations) et infections (agents bactériens et viraux)
- des antécédents de traumatismes (blessures articulaires, fracture, luxation, etc.)
- l’humidité, les changements de températures (temps pluvieux, coup de froid, etc.)

Ces facteurs associés peuvent expliquer la survenue d’affections rhumatismales et parfois accélérer leur évolution (l’obésité notamment).

 

Quels sont les symptômes associés aux rhumatismes ?

Les rhumatismes peuvent se manifester différemment selon leur origine (inflammatoire ou dégénérative). Les principaux symptômes sont associés à :
- des raideurs et douleurs articulaires, un endolorissement généralisé : elles surviennent notamment au cours des poussées inflammatoires (ou congestives). Les articulations sont « verrouillées ».
- des rougeurs, gonflements articulaires : liées à l’inflammation, l’articulation peut être chaude.
- une gêne fonctionnelle (pour bouger, se déplacer), une diminution de l'amplitude des mouvements liée aux douleurs ressenties.
- d’éventuelles déformations visibles (excroissances liées aux ostéophytes dans le cas d’arthrose, déformations des membres en cas de polyarthrite rhumatoïde avancée, etc...).

 

Comment diagnostiquer et prendre en charge les rhumatismes ?

Si vous ressentez des rhumatismes, des douleurs osseuses, articulaires : il est nécessaire d’en parlez avec un médecin. Votre généraliste ou votre rhumatologue pourra diagnostiquer et caractériser l’apparition d’une pathologie éventuelle (arthrose, ostéoporose, polyarthrite rhumatoïde, etc.). Il appréciera ensuite le stade et l’évolution de la maladie à partir d’un examen clinique et d’examens complémentaires (radiographies, ostéodensitométrie, bilan biologique, etc.).

Le médecin ou le rhumatologue pourra proposer différentes solutions, adaptées à votre situation et vos symptômes. Les principaux traitements pour les rhumatismes reposent sur :
- les traitements médicamenteux, visant à réduire la douleur et l’inflammation (infiltrations intra-articulaires- injections locales, prescription d’antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdien ou AINS, corticostéroïdes, antirhumatismaux, traitement de fond anti-PR, etc.). Des traitements efficaces pour stopper l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde sont disponibles. Tous ces produits entrainent aussi parfois des effets indésirables qu’il faut connaitre pour pouvoir les reconnaitre.
- la mise en repos, l’immobilisation de l’articulation atteinte (à l’aide d’orthèses notamment).
- la rééducation, pratiquée sur les conseils d’un kinésithérapeute. Elle vise à renforcer les muscles entourant l’articulation, à maintenir l’amplitude des mouvements pour conserver une autonomie, et à limiter les déformations physiques. Les exercices préconisés doivent être pratiqués régulièrement.
- les aides techniques, pour faciliter le quotidien (orthèses, attèles, canne-béquille, poignées, accessoires spécifiques, etc.)
- les conseils et l’éducation des patients : certaines recommandation individuelles pourront soulager les douleurs articulaires (perte de poids en cas d’obésité ou de sur poids, pratique d’une activité physique adaptée, conseils en cas de poussée inflammatoire, postures, alimentation, etc.).
- l’intervention chirurgicale, l’arthroplastie (prothèse articulaire) : à un stade avancé de certaines affections (arthrose, polyarthrite rhumatoïde, etc.), une intervention chirurgicale, de reconstruction ou de remplacement de l’articulation, est parfois proposée (pose d’implant, prothèse, arthrodèse, synovectomie, etc.).
- les cures thermales : les vertus thérapeutiques des eaux, souvent utilisées en rhumatologie, participent à soulager les douleurs chroniques et rhumatismes inflammatoires. Les bains, douches, enveloppements de boues chaudes, favorisent la détente et facilitent les mouvements. Une cure est suivie médicalement par une équipe pluridisciplinaire (médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute, nutritionniste, etc.).
 
 

Comment soulager les douleurs rhumatismales en pratique ?

  • Il est possible de préserver ses articulations et de soulager les douleurs rhumatismales en suivant quelques conseils préventifs :
    - Veiller à son poids corporelet prendre en charge un surpoids ou une obésité (pour réduire la pression exercée sur les articulations).
  • - Pratiquer une activité physique régulière(natation, marche, etc.), bénéfique pour renforcer les muscles et favoriser la mobilité des articulations. La sédentarité aggrave en effet les symptômes douloureux. Demandez conseils à votre médecin ou kinésithérapeute. A noter que l’activité est uniquement recommandée en dehors des poussées inflammatoires (en cas d’arthrose, d’arthrite, etc.) : sinon, le repos de l’articulation est préconisé. 
  • - Apprendre et adopter les bons gestes et postures, qui sollicitent le moins possible les articulations malades. Eviter le port de charges lourdes, les positions statiques, les mouvements répétitifs. Recourir si besoin à des aides techniques, disponibles dans les magasins spécialisés (orthèses, poignées, canne, accessoires divers). Favoriser la détente grâce aux exercices de relaxation (sophrologie, etc.). 
  • - Aménager et sécuriser l’environnement familier (domicile, salle de bain, escaliers), afin de prévenir les accidents domestiques (chutes, glissades) et de faciliter les activités courantes (rampes d’escalier, siège de baignoire, barres d’appui, etc.)
  • - Respecter les traitementsmédicamenteux et suivre les conseils individualisés du médecin, rhumatologue, kinésithérapeute, ergothérapeute. Avoir un suivi médical régulier, pour prendre en charge correctement les rhumatismes et maladies associées.
  • - Soulager la douleur ou la raideur par l'application de chaleur et/ou de froid (compresses thermiques). 
 

 

 

Pour en savoir plus sur les rhumatismes

 
 
Ouvrages
- Rhumatismes, un mal de saison ? : Comment les prévenir, les enrayer et les traiter, les solutions pour diminuer les douleurs de J. Tarkiel et P. Bourgeois (Broché - avril 2005)
- L'arthrose et les rhumatismes : Combattre le vieillissement prématuré de vos articulations de N. Saint-clair et J-F. de La Montagne (Broché - juin 2009)
- Comment vivre avec une personne atteinte de rhumatismes de G. Ziegler et L. Euller-Ziegler (Broché - juin 2005)

 

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 19/08/10
  
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