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La perte de libido : quand le désir s’absente

Depuis quarante ans, l’activité sexuelle des seniors ne cesse d’évoluer à la hausse. La proportion des plus de 50 ans, déclarant avoir une activité sexuelle active augmente (90 % des femmes en couple déclarent 1 rapport minimum dans les 12 derniers mois contre 77 % en 1992). 

 


Les personnes en couple mentionnent 7,2 rapports mensuels en moyenne. Mais plus la durée de la relation augmente, plus les périodes « d’abstinence » sont fréquentes. (source : enquête « Contexte de la Sexualité en France » - Inserm/Ined - 2006).
 

La libido : couple et sexualité
 

La sexualité occupe une place importante dans le bien-être physique et psychologique des hommes et des femmes : les seniors d'aujourd'hui aspirent d’ailleurs à une sexualité libre et épanouie.
La libido désigne le désir sexuel. Difficile à comprendre et à contrôler, elle fluctue tout au long de la vie et traverse différentes phases : parfois importante, elle peut aussi diminuer. Chaque homme et femme est susceptible de perdre tout intérêt pour la sexualité. La perte de la libido est un phénomène courant touchant de nombreux couples, jeunes et moins jeunes.
L’inappétence sexuelle retentit de façon plus ou moins importante sur un couple. Elle peut soulever des interrogations pour le partenaire (amour porté, estime de soi, etc.) ; aboutir à une frustration et entrainer des disputes conjugales.
Il est conseillé aux partenaires de discuter de cette baisse d’envie, d’évoquer le sujet sans tabou pour solutionner ensemble le problème. Les mots doivent cependant être subtilement choisis : il s’agit de rassurer sur les sentiments portés et non d’accuser ou de rejeter la faute sur le conjoint.

Si la perte de libido s’installe et se prolonge durant plus de six mois, il est préférable de consulter un professionnel de santé (médecin, gynécologue, urologue, psychologue, sexologue). Ménopause, prostatite, prise de médicaments, dépression, conflits : le manque de désir peut avoir de nombreuses causes, psychologiques, métaboliques ou physiques.

 

Pourquoi la libido peut-elle diminuer ?

L’anaphrodisie (forme de frigidité se caractérisant par une absence de désir sexuel, ou d'orgasme pendant un rapport sexuel normal) peut avoir différentes causes, d’ordre physiologique, organique, psychologique ou relationnel :
- Raisons relationnelles, liées aux partenaires : difficultés dans le couple, conflits conjugaux, mésentente physique, routine et monotonie, préliminaires insuffisants, peuvent provoquer une baisse de désir. L’absence de plaisir (anorgasmie) est aussi une raison fréquemment rapportée : si le ou la partenaire n’éprouve pas ou peu de plaisir au cours des rapports sexuels, l’envie peut progressivement disparaître.
Favoriser la communication, le dialogue, la séduction et la confiance dans le couple peut aider à résoudre le problème. Le recours à un médecin sexologue ou thérapeute de couple est à envisager.

- Facteurs psychologiques et personnels : le manque d’estime et de confiance en soi, le rejet de son corps (complexes, vieillissement, surpoids, etc.), la peur de vieillir, le stress et l’anxiété, la dépression, un deuil, une éducation stricte (fausses croyances, interdits religieux, tabous liés à la sexualité) sont souvent à l’origine d’un mal-être dans le couple et d’une sexualité peu épanouissante.
Le partenaire concerné doit alors résoudre cette problématique personnelle. L’aide et le soutien du conjoint est importante, mais une prise en charge individuelle par un psychologue ou psychiatre doit être envisagée.

- Causes médicales, liées à la santé : De nombreuses pathologies affaiblissent l’organisme et par conséquent, inhibent le désir sexuel masculin et féminin : hypothyroïdie, diabète, obésité, maladies cardio-vasculaire, arthrite, sclérose en plaques, cancers (en particulier du sein, de l’utérus, de la prostate, des testicules), etc.
Avec l’âge, des déséquilibres hormonaux surviennent : la baisse de testostérone chez l’homme, et la chute des taux d’œstrogènes chez la femme peuvent amoindrir la libido et les capacités sexuelles (qualité et durée de l’érection, lubrification, etc.).
La ménopause est à l’origine de bouleversements endocriniens qui perturbent le désir : des sécheresses vaginales peuvent apparaître et rendre les rapports douloureux. Des solutions locales et hormonales efficaces sont disponibles : un médecin pourra entre autres conseiller l’usage de gels lubrifiants, la prise du traitement hormonal substitutif (THS) ou un apport en œstrogènes (crème, ovule, patch).
Les infections génitales (mycoses, infections urinaires, etc.) et troubles sexuels (difficultés érectiles, éjaculation précoce, impuissance, vaginisme, etc.) peuvent rendre difficiles les rapports ; être à l’origine de douleurs (dyspareunie), d’incapacités physiques, et de manque de confiance.
Une fatigue importante peut aussi retentir sur la vie de couple : pas d’envie, plus la force de faire l’amour. L’abus d’alcool, le tabagisme, et la prise de certains traitements (antidépresseurs, anxiolytiques, antihypertenseurs, bêtabloquants, neuroleptiques, etc.) sont susceptibles d’influencer négativement la stimulation et le désir sexuels. Lisez les notices des médicaments : elles mentionnent les effets secondaires indésirables sur la libido.

Il est important de consulter un médecin, gynécologue ou urologue, pour traiter les pathologies et troubles responsables d’une perte de libido. Des solutions adaptées permettent aussi de dompter les aléas du vieillissement. Un mode de vie sain participe à se sentir bien dans son corps et à favoriser une sexualité satisfaisante (abstinence de tabagisme, alimentation variée, pratique d’une activité physique, etc.).

 

Retrouver le désir : les solutions

 
Les années passant, le couple peut progressivement s’être installé dans une routine « sexuelle » : le ou la partenaire apparaît alors davantage comme un compagnon de vie, auquel on manifeste de la tendresse. Pourtant pour stimuler une libido défaillante, il est important de voir son ou sa partenaire comme un réel « objet » de désir sexuel : un être sexué, attirant et doté d’un pouvoir érotique.

De nombreuses solutions sont disponibles pour stimuler l’envie et continuer à vivre une sexualité épanouie, quelque soit son âge. Même après des mois ou des années de pause, une sexualité active peut être reprise. Après avoir établi l’origine du problème (psychologique, relationnel, ou médical) ; les professionnels de santé et spécialistes pourront vous délivrer divers traitements et conseils.
 
- Entretenir le lien amoureux : que le couple soit établi depuis de nombreuses années ou non, il est primordial d’accorder du temps et de l’attention à l’autre. Jour après jour, continuer à se regarder, échanger des baisers et gestes tendres, se complimenter et se valoriser mutuellement, attisera le désir du couple. Pour ne pas tomber dans la routine, soyez original et changez de temps à autres vos habitudes : préparer un repas dans une ambiance romantique, réserver un restaurant en amoureux, s’habiller avec une jolie tenue, faire des surprises, offrir un cadeau, partir quelques jours dans un hôtel de charme, etc.

- Résoudre les éventuelles difficultés dans le couple :
ne pas laisser s’installer un conflit évitera bien des disputes, rancœur, colère et incompréhensions. Aborder les sujets qui fâchent et tenter de les résoudre ensemble. Il ne s’agit pas de s’accuser l’un l’autre mais de réellement communiquer dans un but commun d’épanouissement du couple. Si l’entente n’est pas possible, demander conseil à l’entourage, à un psychothérapeute de couple ou un sexologue (selon l’origine du problème).

- Favoriser le dialogue et les échanges
: la communication est l’une des principales clés de réussite d’un couple. Rester à l’écoute de son partenaire, de ses envies, de ses contrariétés et craintes participe à consolider les liens affectifs et la complicité.

- Améliorer son mode de vie et développer l’estime de soi : une hygiène de vie saine permet de se sentir mieux dans son corps. Il est vivement recommandé d’avoir une alimentation équilibrée, de favoriser la détente et un bon sommeil, de pratiquer une activité physique et sociale, de limiter sa consommation d’alcool et de ne pas fumer. Vous favoriserez ainsi une bonne santé et la confiance en vous.

- Prendre en charge et soigner un mal-être psychologique :
le stress, la dépression, un événement douloureux (maladie, deuil, etc.) ; sont souvent à l’origine de troubles du désir sexuel. Une aide et une prise en charge sont indispensables pour ne pas s’enfermer dans la souffrance et protéger le couple. Consulter un médecin, psychiatre ou psychologue est alors nécessaire pour retrouver goût à la vie et à l’envie.

- Avoir un suivi médical régulier et demander l’avis d’un spécialiste : consulter le médecin au moins annuellement est nécessaire à partir de 50 ans. A l’occasion d’une visite ou d’un examen de routine, abordez sans gêne les éventuelles difficultés intimes. Une simple fatigue, soignée avec des vitamines, peut être en cause. Une baisse de libido peut cependant être le symptôme d’un dysfonctionnement plus important (hormonal, lié aux médicaments, etc.) : il est important d’en parler.

- Prendre en charge les pathologies et troubles sexuels éventuels :
certaines pathologies peuvent retentir physiquement et psychologiquement sur la vie sexuelle (hypothyroïdie, diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires, arthrite, sclérose en plaques, cancers, etc.). Des troubles spécifiques (infections génitales, déséquilibres hormonaux, difficultés érectiles, impuissance, éjaculation précoce, vaginisme) peuvent aussi nuire aux rapports du couple.
Un avis médical est nécessaire : des solutions adaptées existent : traitement hormonal substitutif, tibolone, crèmes et patchs à l’œstrogène, hydratants vaginaux ; médicament facilitateur de l’érection, injection, pilule transurétrale, vacuum ou pompe à vide, implant, etc...
 
- Recourir à des traitements médicamenteux si nécessaire, et uniquement sur avis médical. Le médecin, gynécologue, urologue ou andrologue, diagnostiquera et proposera un traitement adapté à la situation. Des solutions naturelles stimulantes peuvent parfois être suffisantes. La phytothérapie, l’homéopathie, possèdent des vertus intéressantes susceptibles d’agir sur une baisse momentanée de désir : certaines plantes ont un effet aphrodisiaque reconnu (ginseng, tribulus, épices, etc.). Attention cependant, n’achetez ni médicaments ni élixir miraculeux sur Internet : demandez conseil à un pharmacien ou médecin. Acheter ces plantes uniquement en pharmacie.
 
La perte de libido est susceptible d’apparaître tout au long de la vie ; mais le vieillissement peut favoriser le mal-être, les dysfonctionnements sexuels, les troubles érectiles, les déséquilibres hormonaux. Il est conseillé de ne pas se replier sur soi mais de discuter du problème avec son conjoint et/ou un médecin. La perte de libido ne doit pas être perçue comme une fatalité liée au temps. Conserver une sexualité épanouie après 50, 60, 70, 80 ans est possible : l’amour n’a pas d’âge.
  

En savoir plus sur la perte de la libido

 
 
Ouvrages
- L'amour longtemps : La sexualité des seniors : toutes les réponses de N. Grafeille et N. Fauveau (Broché - avril 2006)
- Mais où est passée ma libido ? de C. Marx et P. Marès (Broché - juin 2005)
- Pour développer sa libido de A. Héril (Broché - décembre 2009)
 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 18/08/10
  
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