Le cancer bronchique se situe au 4ème rang des cancers les plus fréquents (avec environ 28 000 nouveaux cas chaque année) : il s’agit du 2ème cancer le plus fréquent chez les hommes et du 3ème chez les femmes. L’âge moyen de sa survenue est de 67 ans chez l'homme et de 68 ans chez la femme. Un fumeur sur deux décède des conséquences de son tabagisme.
Qu’est-ce qu’un cancer du poumon ?
Un cancer est une maladie causée par des cellules anormales qui prolifèrent et aboutissent à la formation d’une tumeur maligne (masse plus ou moins volumineuse).
Localisés au niveau du thorax, dans la poitrine, les poumons sont divisés en plusieurs lobes contenant des bronches, elles-mêmes divisées en bronchioles et terminées par des alvéoles. La plèvre est l’enveloppe qui maintient les poumons contre la paroi thoracique et assure l’étanchéité. Les cancers des poumons, également appelés parfois « cancers bronchiques ou broncho-pulmonaires» se développent dans les cellules des bronches ou des alvéoles pulmonaires.
On distingue plusieurs types de cancers bronchiques : leur progression et les traitements sont différents.
Les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC), plus fréquents, réunissent plusieurs types de tumeurs : l’adénocarcinome bronchique (situé généralement en périphérie du poumon), le carcinome épidermoïde (dans les grosses bronches situées dans la partie centrale des poumons), le carcinome à grandes cellules (pouvant être localisé partout dans le poumon, il se développe plus rapidement).
Les cancers bronchiques à petites cellules (CBPC) prennent naissance dans les cellules neuroendocrines qui tapissent les poumons (l'épithélium) : ils affectent les bronches situées à proximité du centre du thorax. Le CBPC a une croissance particulièrement rapide et développe rapidement des métastases.
Les métastases pulmonaires sont des cellules cancéreuses qui ont migré via les voies sanguines et lymphatiques, puis se sont disséminées vers une ou plusieurs autres parties du corps. Elles évoluent souvent sous la plèvre, dans la partie extérieure du poumon. Les cancers du sein, du côlon, du pancréas, de l'estomac, du rein, de la prostate, de l'ovaire, de la thyroïde, les mélanomes, les sarcomes, métastasent facilement dans les poumons.
Le sarcome et le lymphome, plus rares, sont d’autres formes particulières de tumeurs pulmonaires malignes.
Quels sont les facteurs de risque ?
Certaines causes et facteurs de risque sont reconnus comme favorisant la survenue d’un cancer bronchique :
- le tabagisme : il est en cause dans 85 % des cancers du poumon. Quelque soit le mode de consommation (cigarettes, cigares, cigarillos, pipe, narguilé), le tabac favorise la survenue des cancers, notamment de la sphère ORL, de l'œsophage, de la vessie, du pancréas, de l'estomac, du foie, du colon et du rectum, des reins, du col de l'utérus. Le tabac est toujours néfaste à la santé, même le tabagisme passif.
- les antécédents personnels et familiaux : personnes atteintes ou ayant souffert d’une affection respiratoire, de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), de silicose (causée par la silice), de bérylliose (inflammation pulmonaire due au béryllium), de tuberculose (bacille de la tuberculose) ; ainsi que de cancers bronchiques (antécédents personnel ou membre de la famille atteint).
- l’âge : le vieillissement augmente le risque de survenue d’un cancer.
- l'exposition à certaines substances cancérogènes : notamment dans le contexte professionnel, il est reconnu que certains produits augmentent le risque de cancers (inhalation de poussières d'amiante, acide chromique, chromates et bichromates alcalins ou alcalinoterreux, chromate de zinc ; goudrons de houille, suies de combustion du charbon ; inhalation de poussières ou de vapeurs arsenicales ; inhalation de poussières ou fumées renfermant du cadmium ; béryllium, cadmium, silice, gaz d'échappement de moteurs diesels, etc.).
- certains compléments alimentaires : à doses très élevées, la consommation de compléments en béta-carotène (ayant des effets anti-oxydants) serait soupçonnée d’accroitre le risque de cancer chez les fumeurs et anciens fumeurs.
- la pollution présente dans l'environnement
- la radiothérapie au niveau du thorax : les personnes ayant été traitées par radiothérapie (par exemple pour une Maladie de Hodgkin, un cancer du sein) ont un risque plus élevé de cancer bronchique. Ce risque est encore accentué par le tabagisme.
Quels peuvent être les principaux symptômes associés au cancer du poumon ?
Les cancers bronchiques peuvent de développer silencieusement. Cependant, les signes suivants doivent vous alerter et vous amener à consulter un médecin :
- une toux répétée
- un essoufflement, des difficultés respiratoires
- des infections pulmonaires à répétition (bronchite, pneumonie)
- des expectorations, la présence de sang dans les crachats (hémoptysies)
- des ganglions au niveau du cou
- des douleurs aiguës au niveau du thorax
- une perte de poids inexpliquée, un affaiblissement général (grande fatigue, manque d'appétit, etc.)
Dans certains cas, on retrouve également :
- une modification de la voix ou une extinction de voix persistante (dysphonie)
- une respiration sifflante
- des difficultés pour avaler
- un syndrome de Claude-Bernard Horner (affaissement ou faiblesse de la paupière d'un œil, et rétrécissement de sa pupille) ; des syndromes paranéoplasiques.
En cas de doutes ou de symptômes respiratoires inhabituels, parlez-en à votre médecin.
Comment diagnostiquer un cancer du poumon ?
Plus un cancer du poumon est détecté tôt, plus les chances de survie sont élevées.
En présence de symptômes, au cours d’une consultation de surveillance, le médecin pourra réaliser différents examens. Le bilan diagnostique réalisé par plusieurs spécialistes (pneumologue, cancérologue, radiologue) repose principalement sur :
- l’examen clinique, l’auscultation du patient (poumon, cœur)
- un examen sanguin (prise de sang, présence de marqueurs tumoraux, etc.)
- une radiographie des poumons, un scanner thoracique (pour visualiser l’intérieur des poumons et repérer une éventuelle anomalie) et/ou une IRM
- une fibroscopie bronchique (pour observer l’intérieur de la trachée, la paroi des bronches et éventuellement réaliser une ou plusieurs biopsies, c'est-à-dire des prélèvements en vue d’une analyse). Il est ainsi possible de prélever des fragments de tissus et de liquide situés dans les bronches et les alvéoles.
L’analyse microscopique de ces prélèvements permet en général de confirmer ou non la nature maligne d’une anomalie.
Ces différents examens complémentaires permettent de repérer une éventuelle tumeur, de localiser et d’identifier le type de cancer, d’évaluer son étendue et sa vitesse de propagation afin de choisir un plan de traitement adapté.
Comment prendre en charge un cancer bronchique ?
Les traitements proposés pour un cancer du poumon sont choisis en fonction du stade de la maladie, de la localisation et de l’étendue de la tumeur, du type de cancer (bronchique non à petites cellules ou bronchique à petites cellules) ;et de l’état de santé général du patient. Ils reposent principalement sur :
- La chirurgie thoracique : il s’agit de retirer complètement la tumeur (ablation). Cette solution s’applique pour les premiers stades de cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC). Selon les cas, on retire un lobe du poumon atteint (lobectomie) ou la totalité du poumon touché (pneumonectomie). Dans le même temps, on procède le plus souvent à un curage ganglionnaire (résection des ganglions avoisinants) car ils pourraient garder des cellules tumorales.
Lorsque la tumeur a métastasé, c'est-à-dire qu’elle s’est propagée aux ganglions du cou, à la plèvre ou ailleurs (métastases osseuses, etc.), on peut recourir à :
- La radiothérapie thoracique : elle correspond à l’irradiation des cellules cancéreuses. Ces rayons ionisants détruisent les cellules de la tumeur, la zone périphérique et les ganglions locorégionaux. Ce traitement local n’agit pas sur les foyers métastatiques périphériques : il est souvent associé avec la chimiothérapie, notamment pour les cancers bronchiques localisés à petites cellules (CBPC).
- La chimiothérapie : elle repose sur des traitements médicamenteux, administrés via des perfusions (intraveineuse) ou sous forme orale (comprimés). Les médicaments anticancéreux agissent par exemple sur les mécanismes de la division cellulaire : ils visent à détruire certaines cellules cancéreuses, à empêcher leur multiplication, à réduire la taille des tumeurs et/ou à éliminer les métastases. La chimiothérapie est un traitement systémique : elle se diffuse de manière générale et agit sur tout l’ensemble de l’organisme.
Le traitement associe plusieurs molécules (polythérapie) : pour un cancer bronchique, le cisplatine ou le carboplatine (associés à d’autres médicaments) sont fréquemment utilisés. Le protocole de chimiothérapie est défini au cas par cas, en accord avec le patient. Les effets secondaires d’une chimiothérapie varient en fonction des médicaments employés, des dosages et des patients (nausées, vomissements, diarrhées, perte d’appétit, chute des cheveux, etc.).
- Les biothérapies ciblées : ces médicaments repèrent et bloquent les mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses, afin de limiter leur développement. Ils sont moins toxiques pour les autres cellules de l’organisme et sont indiqués, selon le stade, pour un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC). Ces biothérapies sont généralement associées avec la chimiothérapie.
Ces différents traitements peuvent être complémentaires et sont employés en association, selon le type, l’évolution et le degré d’extension du cancer : dans tous les cas, l’abstinence totale de tabac est indispensable.
En savoir plus :
Comment prévenir les cancers broncho-pulmonaires ?
-
La première des recommandations pour prévenir un cancer du poumon reste de ne pas fumer. Tous les modes de consommation présentent des risques (cigarettes, cigares, cigarillos, pipes, narguilé). Contrairement aux idées reçues, les cigarettes légères ou «light» ne sont pas moins nocives : les fumeurs tendent à inhaler plus profondément la fumée. Conséquence : la tumeur se développe au sein des bronchioles et des alvéoles pulmonaires (cancer de type adénocarcinomes bronchiques périphériques).
Le tabagisme passif est également dangereux : comparativement à un non fumeur, une personne subissant le tabagisme passif à un risque de survenue d’un cancer du poumon augmenté de 26 %.
A noter qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer : plus la durée (ancienneté) du tabagisme est longue, plus le risque de cancer est important. Les bénéfices de l’arrêt sont réels et visibles, à tous les âges.
-
Il est également important d’éviter l’exposition aux substances toxiques et produits industriels (biologiques, chimiques, etc.) reconnus « cancérogènes », présents en particulier dans l’environnement professionnel.
-
Pour en savoir plus sur le cancer du poumon
Ouvrage
- Cancer du poumon : guide à l'usage des patients et de leur entourage de P. Magdeleinat et I. Muller (Broché - janvier 2006)