Qu'est-ce qu'un cancer du sein ? Savoir ce que cette maladie recouvre est important lorsque l'on considère le nombre de femmes qui sont touchées par celle-ci. En effet, le cancer du sein représente le cancer le plus fréquent chez la femme avec environ 50 000 nouveaux cas chaque année : il est responsable de plus de 11 000 décès annuels. Le cancer du sein touche les femmes à des âges différents, mais se développe généralement vers 60 ans : il est souvent diagnostiqué entre 50 et 69 ans (source : Institut national de veille sanitaire).
Actuellement en France, on estime qu’une femme sur 10 sera confrontée à ce cancer. Le risque de contracter un cancer du sein n'est donc pas si minime. Un dépistage organisé est proposé tous les 2 ans, aux femmes âgées entre 50 à 74 ans : plus le cancer du sein est détecté tôt, mieux il se soigne. Un certain nombre de solutions existent pour la prise en charge du cancer du sein.
Qu’est-ce qu'un cancer du sein ?
La glande mammaire est sous l'influence d'hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone) produites par les ovaires, de la puberté jusqu’à la ménopause.
Les cancers mammaires se développent le plus souvent dans les cellules des canaux galactophores (carcinome canalaire) ou des lobules (cancer lobulaire). Le cancer canalaire est plus fréquent.
On distingue plusieurs types de cancers du sein. Leur progression et les traitements sont différents :
- Les cancers "infiltrants" (ou "invasifs") : ils concernent le plus souvent les carcinomes canalaires. Ils se disséminent vers d’autres organes ou parties du corps, tels que les ganglions axillaires (prés des aisselles), les poumons, le foie, les os, le cerveau, etc. Cette forme de cancer du sein a pour spécificité de vite développer des métastases.
- Les cancers "in situ" (ou "non-invasifs") : ils touchent les canaux ou lobules et ne se dispersent pas. Les cellules cancéreuses ne migrent pas (absence de métastases).
Soulignons que le risque de contracter le cancer du sein existe aussi chez les hommes : bien qu’exceptionnel, il représente 0,5 % des cancers masculins. En cas de doute ou en présence de symptômes, les hommes doivent aussi en parler avec le médecin.
Quels sont les facteurs de risque du cancer du sein ?
- l’âge : le vieillissement augmente le risque de survenue d’un cancer du sein. Les carcinomes mammaires surviennent le plus souvent après 50 ans.
- une puberté précoce (premières règles avant 12 ans) et une ménopause tardive (après 55 ans)
- une première grossesse après 40 ans ou l’absence de grossesse (nulliparité). (A noter que l’allaitement semble jouer un effet protecteur dans l’apparition d’un cancer mammaire)
- l’alimentation : une nutrition déséquilibrée (notamment riche en graisses d’origine animale, en sucres) et une consommation excessive d’alcool semblent accroitre les risques de cancer du sein.
- le traitement hormonal substitutif (THS) : les femmes prenant un THS ont un risque de cancer du sein faiblement supérieur par rapport aux femmes ménopausées non traitées. Parlez-en avec votre médecin : il s’agit d’évaluer individuellement le rapport bénéfices-risques.
En présence ou non de facteurs de risques, il est essentiel pour une femme d’avoir un suivi gynécologique régulier (annuel) et de pratiquer les dépistages organisés du cancer du sein. En effet, avoir un suivi régulier permet d'identifier plus facilement toute anomalie et l'éventuelle survenue d'un cancer du sein. Il est noter que la prise en charge du cancer du sein est plus efficace si la maladie est détectée assez tôt.
Quels peuvent être les principaux symptômes associés au cancer du sein ?
- apparition d'une grosseur, nodule ou "boule" au sein ou à l’aisselle, durcissement d’une zone du sein,
- ganglions palpables au niveau des aisselles,
- modification de la forme ou des dimensions d'un sein,
- écoulement par le mamelon (liquide coloré, sang),
- rétractation récente du mamelon,
- douleur inhabituelle au sein.
Comment dépister un cancer du sein ?
Le dépistage du cancer du sein, gratuit, est proposé tous les 2 ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans car il s'agit de la population qui a le plus de risques de contracter un cancer du sein. Il consiste en un examen clinique (palpation des seins) et une mammographie pratiquée par un radiologue. Cet examen radiologique réalisé sur les deux seins est indolore : le sein est placé et légèrement comprimé dans un appareil, afin de réaliser des clichés successifs qui seront ensuite interprétés par le spécialiste. La mammographie vise à repérer la présence de tumeurs malignes ou bénignes.
Si un cancer du sein est décelé, un bilan d’extension permettra d’évaluer son étendue (localisation exacte, stade, envahissement ganglionnaire, présence ou non de métastases, etc.) et de déterminer le traitement le plus approprié.
Être dépisté à temps, c’est aussi être mieux soigné, augmenter ses chances de guérison, et limiter les séquelles éventuelles.
Prise en charge du cancer du sein : quels traitements existent ?
Lorsque la tumeur a métastasé, c'est-à-dire qu’elle s’est propagée dans une ou plusieurs parties de l’organisme (ganglions axillaires, poumon, os, foie, cerveau principalement), on peut recourir à :
Le traitement peut reposer sur un seul médicament (monothérapie) ou sur une association de plusieurs molécules (polythérapie). Pour un cancer du sein, la doxorubicine (de la famille des anthracyclines), la cyclophosphamide, le fluoro-uracile ou des taxanes, associés à d’autres médicaments, sont des molécules fréquemment utilisées. Le protocole de chimiothérapie est défini au cas par cas, en accord avec le patient. Les effets secondaires d’une chimiothérapie varient en fonction des médicaments employés, des dosages et des patientes (fatigue, absence de règles, nausées, vomissements, perte d’appétit, chute des cheveux, etc.).
Les cancers "infiltrants" associent des thérapies locales (chirurgie, radiothérapie) et des traitements systémiques (chimiothérapie, hormonothérapie), tandis que les cancers "in situ" recourent généralement exclusivement au traitement local. Il existe donc différents types de prises en charge pour le cancer du sein et celles-ci sont adaptées en fonction de chaque cas. Le taux de survie relative à 5 ans, après un cancer du sein, est de 85 %.
Comment prévenir le cancer du sein ?
- S’il est encore difficile d’éviter l’apparition d’un cancer du sein, il reste possible de le dépister très précocement et de limiter ainsi son développement.
Pour toutes les femmes, il est recommandé : -
- d’avoir un suivi gynécologique régulier,
- - de réaliser le dépistage organisé du cancer du sein, dès 50 ans. En cas d’antécédents familiaux, il est impératif d’évoquer le risque accru de cancer du sein avec un spécialiste : un suivi médical renforcé est conseillé,
- - d’avoir une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits et légumes. Ces aliments renferment des vitamines, des minéraux, des fibres et des antioxydants qui contribuent à prévenir le cancer. Eviter un régime alimentaire excessivement riche en graisse, en sucres, et limiter la consommation d’alcool,
- - de pratiquer une activité physique régulière,
- - de contrôler son poids corporel (le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risques importants dans la survenue des cancers).
A noter que l’allaitement semble jouer un rôle protecteur dans la survenue d’un cancer du sein.
Pour en savoir plus sur le cancer du sein
- Cancer du sein : Guide à l'usage des femmes de A. Fitoussi, O. Rixe (Broché - février 2006)


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