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Cancer du côlon : n'oubliez pas le dépisatge

Le cancer du côlon et du rectum se situe au 3ème rang des cancers les plus fréquents (avec 37 000 nouveaux cas chaque année) : en France, il représente la seconde cause de décès par cancer. Un dépistage organisé est proposé aux personnes de 50 à 74 ans : le cancer colorectal peut être guéri dans plus de 9 cas sur 10, à condition qu’il soit diagnostiqué précocement. (source : Invs)



 

Qu’est-ce qu’un cancer du côlon ?
 

Un cancer est une maladie causée par des cellules anormales qui prolifèrent et aboutissent à la formation d’une tumeur maligne (masse plus ou moins volumineuse).

Le côlon qui mesure environ 1,5 mètre, est situé dans l’abdomen entre l’intestin grêle et le rectum. Les cancers du côlon et du rectum, également appelés « cancer colorectal » sont très fréquents et se développent dans l’appareil digestif, au niveau de la paroi du gros intestin.

 

Quels sont les facteurs de risque ?

 
Certains facteurs de risque sont désormais connus comme favorisant la survenue d’un cancer colorectal :
- les polypes (ou adénomes) : ces lésions ou excroissances bénignes dans le tube digestif sont susceptibles de se transformer en tumeurs cancéreuses. On estime qu’un adénome de plus de 1 centimètre présente 25 % de risque de devenir cancéreux : il est donc essentiel de réaliser les dépistages proposés et de retirer les éventuels adénomes repérés,
- les antécédents familiaux et l’hérédité (membres de la famille présentant des polypes, certains cancers, des maladies génétiques telles que le syndrome de Lynch, la polypose adénomateuse familiale),
- l’âge : le cancer colorectal concerne surtout les plus de 50 ans,
- certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (rectocolite hémorragique, colite ulcéreuse, maladie de Crohn).
 
Les facteurs de risque environnementaux, sur lesquels il est possible d’agir sont également établis :
- la consommation de produits toxiques comme le tabac, l’alcool (plus la quantité d’alcool consommée est élevée, plus le risque de cancer est important),
- le surpoids et l’obésité,
- la sédentarité, le manque d’exercice physique,
- une alimentation déséquilibrée, notamment riche en viandes rouges, en graisses, et pauvre en fruits et légumes.
 

Quels peuvent être les symptômes associés au cancer du côlon ?

 
Les cancers colorectaux peuvent se développer silencieusement, ou se manifester via des symptômes non spécifiques à cette maladie : il est donc nécessaire de réaliser les dépistages organisés.
Cependant, les signes suivants doivent vous alerter et vous amener à consulter un médecin :
- présence de sang dans les selles (sang rouge : rectorragie ou sang noir : méléna),
- douleurs abdominales (maux de ventre), coliques intestinales,
- constipation persistante, ou alternance de diarrhée et de constipation,
- troubles du transit inhabituels, sensations de ballonnement, flatulences
- anémie ferriprive (carence en fer),
- perte de poids inexpliquée, affaiblissement général (grande fatigue, manque d'appétit, etc.).
 
En cas de doutes, de symptômes digestifs douloureux ou inhabituels, parlez-en à votre médecin.
 

Comment dépister un cancer du côlon ?

 
Le cancer colorectal peut être guéri dans plus de 90 % des cas s’il est pris en charge suffisamment tôt. Il est donc indispensable de détecter le plus précocement possible ce cancer ou les lésions qui le précédent (polypes ou adénomes, etc.).
 
Le dépistage organisé du cancer du rectum et du colon est proposé tous les 2 ans aux hommes et femmes âgés entre 50 à 74 ans : il vise à identifier d’éventuelles lésions cancéreuses, à un stade très précoce de leur développement.
Ce dépistage repose sur un test simple de recherche de sang dans les selles, appelé Hémoccult. Ce test consiste à prélever et déposer sur une plaquette, de petits échantillons de matières fécales de deux endroits différents des selles, trois fois de suite. L'ensemble du test est ensuite adressé à un centre de lecture (ou laboratoire) : le patient et le médecin traitant sont informés des résultats.
Un résultat négatif (dans environ 98 % des cas) signifie qu'aucune trace de sang n’a été détectée : il faut cependant rester vigilant et renouveler le test au moins tous les 2 ans. Si le test est positif (2 % des cas environ), le médecin proposera de réaliser une coloscopie pour identifier l’origine du sang dans les selles.

La coloscopie, réalisée par un gastroentérologue, est un examen visualisant l'intérieur de l'intestin via un tube souple introduit par l’anus : elle permet de repérer des anomalies du côlon ou du rectum, d’effectuer des prélèvements (biopsie) et de retirer d’éventuels polypes susceptibles d’évoluer en cancer.

Si un cancer colorectal est diagnostiqué lors de la coloscopie, un bilan d’extension permettra d’évaluer son étendue (localisation exacte, présence ou non de métastases, etc.). Des examens complémentaires seront alors effectués (IRM, échoendoscopie, radiographie, scanner) afin de déterminer le traitement le plus approprié.

 

Comment prendre en charge ce cancer ?

 
Les traitements proposés pour le cancer du côlon sont choisis en fonction du stade de la maladie, de l’emplacement, de l’étendue et de l’extension possible de la tumeur à d’autres organes proches ou distants, de sa profondeur dans la paroi du colon, et de l’état de santé général du patient.
 
La prise en charge d’un cancer colorectal repose principalement sur :
- La chirurgie : il s’agit de retirer la portion du colon atteinte par la tumeur (colectomie). Dans certains cas, une stomie ou « anus artificiel » peut être nécessaire : ce raccordement (temporaire ou permanent) permet de recueillir les selles dans une poche collée sur le ventre. Le plus souvent, la stomie est provisoire : le circuit intestinal est reformé après quelques semaines, afin d’évacuer les selles par la voie naturelle. 

- Les chimiothérapies : elles s’appuient sur des traitements médicamenteux administrés via des perfusions (intraveineuse) ou sous forme orale (comprimés). Les médicaments anticancéreux agissent par exemple sur les mécanismes de la division cellulaire : ils visent à détruire certaines cellules cancéreuses, à empêcher leur multiplication, à réduire la taille des tumeurs et/ou à éliminer les métastases (cellules cancéreuses qui se sont propagées dans une ou plusieurs autres parties du corps). La chimiothérapie est un traitement systémique : elle se diffuse de manière générale et agit sur l’ensemble de l’organisme.
Le traitement peut reposer sur un seul médicament (monothérapie) ou sur une association de plusieurs molécules (polythérapie). Ce protocole de chimiothérapie est défini au cas par cas, en accord avec le patient. Les effets secondaires d’une chimiothérapie varient en fonction des médicaments employés, des dosages et des patients (nausées, vomissements, diarrhées, perte d’appétit, chute des cheveux, etc.).

- Les thérapies ciblées : ces médicaments repèrent et bloquent les mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses, afin de limiter leur développement. Pour traiter les cancers du côlon, les médicaments utilisés actuellement sont des anticorps monoclonaux. Ces traitements sont généralement associés avec la chimiothérapie.
 
- La radiothérapie : elle correspond à l’irradiation des cellules cancéreuses (les rayons ionisants tuent les cellules). Ce traitement local n’agit pas sur les foyers métastatiques : il est souvent associé avec la chirurgie et/ou la chimiothérapie. La radiothérapie, rarement utilisée pour traiter un cancer du colon, est davantage employée pour les cancers du rectum : elle permet de diminuer le volume de la tumeur avant l’ablation chirurgicale de celle-ci.
 
Ces différents traitements peuvent être complémentaires et employés en association, selon le type et l’évolution du cancer.
 
En savoir plus :
 

Comment prévenir le cancer colorectal ?

  • En adoptant un mode de vie sain et en respectant les recommandations suivantes, vous pouvez éviter la survenue d’un cancer colorectal :
    - Avoir une alimentation équilibrée et adaptée, riche en fruits, légumes et céréales. Ces aliments renferment des vitamines, des minéraux, des fibres et des antioxydants qui contribuent à prévenir les cancers digestifs. Eviter un régime alimentaire excessivement riche en viandes rouges, charcuterie et graisses...
  • - Ne pas fumer (le tabagisme favorise la survenue des cancers).
  • - Limiter la consommation d’alcool, qui endommage les parois de l’appareil digestif.
  • - Pratiquer une activité physique régulière.
  • - Contrôler son poids corporel (le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risques).
  • - Avoir un suivi médical régulier et réaliser les dépistages organisés.
    Tous les 2 ans, un courrier est adressé individuellement aux plus de 50 ans et invite à réaliser le dépistage du cancer du colon : n’hésitez-pas à en parler avec votre médecin. Être dépisté à temps, c’est aussi être mieux soigné, augmenter ses chances de guérison, et limiter les séquelles éventuelles.
 

 

 

Lire aussi nos autres dossiers :
 

Le dépistage : objectif et intérêt

 
Pour en savoir plus sur le cancer du côlon

 
Ouvrage
- Cancer digestif côlon-rectum : Guide à l'usage des patients et de leur entourage de A. de Gramont, M. Housset, B. Nordlinger (Broché - janvier 2006)

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 17/08/10
  
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