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Cancer de l'utérus : 3 000 décès par an

Près de 13 000 nouveaux cas de cancers gynécologiques sont diagnostiqués chaque année en France. Chez la femme, les cancers de l’utérus représentent le 10ème cancer le plus fréquent. Les cancers de l'utérus sont responsables d’environ 3 000 décès annuels. On recense par an, plus de 5 000 nouveaux cas de cancers du corps utérin (de l’endomètre) et 3 300 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus .

Le dépistage individuel du cancer du col de l'utérus est conseillé individuellement par un gynécologue ou un médecin traitant. Il est recommandé pour les femmes de 25 à 65 ans, tous les 3 ans (après 2 premiers frottis normaux effectués à 1 an d'intervalle) : plus un cancer est détecté tôt, mieux il se soigne.
 

Qu’est-ce qu’un cancer de l’utérus ?
 

Un cancer est une maladie causée par des cellules anormales qui prolifèrent et aboutissent à la formation d’une tumeur maligne (masse plus ou moins volumineuse).
L’utérus, un muscle creux en forme de « poire », fait partie de l’appareil génital féminin : il a pour fonction de recueillir l’ovule fécondé et d’accueillir le fœtus tout au long d’une grossesse. Cet organe est situé dans le petit bassin, entre la vessie et le rectum : il est relié aux trompes et aux ovaires. On distingue le col de l’utérus (partie étroite de l’utérus, s’ouvrant sur le vagin) et le corps utérin (partie haute), comprenant le myomètre (couche externe) et l’endomètre (muqueuse interne).
 
Les cancers utérins peuvent se développer en différents endroits, c’est pourquoi on distingue plusieurs types de cancers : leur progression et les traitements sont différents.
- Le cancer du corps de l’utérus ou carcinome de l’endomètre, survient le plus souvent après la ménopause, chez des femmes âgées entre 55 et 70 ans. Il est favorisé par plusieurs facteurs de risques (génétique, environnementaux, etc.).
- Le cancer du col de l’utérus quant à lui peut toucher toutes les femmes, après 20 ans : il est causé par un virus (papillomavirus).

En savoir plus
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Quels sont les facteurs de risque ?

 
Les facteurs de risque favorisant la survenue d’un cancer de l’endomètre (ou du corps utérin) sont variés :
- l’âge : le vieillissement augmente le risque de survenue d’un cancer. Le cancer endométrial survient le plus souvent après la ménopause (entre 55 et 70 ans).
- les antécédents familiaux
et l’hérédité : les femmes issues d’une famille à risque élevé de cancer du côlon (non polyposique), et parfois de cancer de l’ovaire ont un risque plus important de cancers de l’endomètre. Certaines familles présentent des prédispositions génétiques.
- une forte surcharge pondérale, l’obésité sont des facteurs aggravants.
- le diabète, l’hypertension artérielle, favorisent également l’apparition de ce cancer.
- une ménopause tardive (après 55 ans) ; ainsi que l’absence de grossesse (nulliparité).
- certains traitements médicamenteux : traitements hormonaux pris sans surveillance médicale, traitements affectant le fonctionnement des hormones féminines œstrogènes, traitement anti-œstrogènes reçue dans le cadre d’un cancer du sein, etc. Un suivi gynécologique régulier est recommandé pour toutes les femmes.

Le cancer du col de l’utérus quant à lui est causé par une infection par un des virus de la famille des papillomavirus (ou HPV). Ces virus très répandus se transmettent sexuellement, au cours des rapports non protégés : il est donc nécessaire de recourir à l’usage du préservatif avec les partenaires occasionnels ou de passage, et ce à tous les âges.
Certaines infections à papillomavirus peuvent entraîner des lésions précancéreuses (dysplasies), pouvant évoluer en cancer. Il est donc nécessaire d’effectuer régulièrement un suivi gynécologique pour dépister la présence éventuelle d’une infection virale. Le tabagisme participe à favoriser le cancer du col utérin.

En présence ou non de facteurs de risques, il est essentiel pour une femme d’avoir un suivi gynécologique régulier (annuel) et de pratiquer les dépistages individuels (de cancers utérins) et organisés (cancer du sein, etc.).

 

Quels peuvent être les principaux symptômes associés aux cancers de l’utérus ?

Le cancer de l'endomètre survient généralement à partir de la pré-ménopause et de la ménopause. Le principal signe étant la présence de pertes aqueuse et de saignements vaginaux, plus ou moins colorés. Après la ménopause notamment, ces pertes de sang doivent amener à consulter en urgence un spécialiste.

Le cancer du col de l’utérus peut entraîner des saignements en dehors des menstruations et après les rapports sexuels, des douleurs pelviennes ; mais il reste généralement asymptomatique : c’est pourquoi il est nécessaire d’avoir un suivi gynécologique annuel. Le frottis cervico-vaginal consiste à prélever quelques cellules du col afin d’être analysées : cet examen permet de dépister les éventuelles lésions précancéreuses (dysplasie) et cancéreuses. De 25 à 65 ans, il est conseillé de réaliser un frottis tous les 3 ans (après 2 premiers frottis normaux effectués à 1 an d'intervalle).

En cas de doutes, de symptômes urinaires ou gynécologiques inhabituels, parlez-en à votre médecin.
 

Comment dépister un cancer de l’utérus ?

Les femmes, tout au long de la vie, doivent veiller à avoir un suivi gynécologique régulier.
Plusieurs examens participent à diagnostiquer la présence de cellules cancéreuses dans le corps ou au niveau du col utérin :
- le frottis cervico-vaginal (prélèvement de cellules du col utérin)
- la biopsie de l'endomètre ou un curetage biopsique (prélèvement de fragments de la paroi utérine, qui sont ensuite analysés au microscope)
- une hystéroscopie (examen permettant de visualiser l’intérieur l’utérus, via une sonde munie d’une caméra).

En présence de lésions ou anomalies, des examens complémentaires (scanner, IRM, etc.) seront proposés afin d’évaluer l’étendue des lésions et de déterminer le traitement le plus approprié.
Être dépisté à temps, c’est aussi être mieux soigné, augmenter ses chances de guérison, et limiter les séquelles éventuelles.
 
 

Comment prendre en charge ce cancer ?

 
Les traitements proposés pour un cancer de l’utérus sont choisis en fonction du stade de la maladie, de la localisation et de l’étendue de la tumeur, du type de cancer ;de l’âge et de l’état de santé général de la patiente.

Ils reposent principalement sur :
- La chirurgie : il s’agit de retirer tout ou partie de la tumeur et de la zone atteinte.
Cette solution est proposée dans le cas d’un cancer du col de l’utérus : soit par conisation au laser (pour retirer une partie du col de l’utérus) soit par hystérectomie (ablation total de l’utérus, de la partie supérieure du vagin, des tissus et des ganglions lymphatiques avoisinants).
Pour les cancers du corps de l’utérus, le traitement chirurgical s’appuie sur une hystérectomie élargie (l'utérus, les ovaires et les trompes sont retirés). Ces interventions peuvent être réalisées par les voies naturelles.

Lorsque la tumeur a métastasé, c'est-à-dire qu’elle s’est propagée dans une ou plusieurs parties de l’organisme (ganglions axillaires, poumon, os, foie, cerveau principalement), on peut recourir à : 
- La radiothérapie : elle correspond à l’irradiation des cellules cancéreuses. Ces rayons ionisants détruisent les cellules de la tumeur, la zone périphérique et les ganglions avoisinants. Ce traitement local n’agit pas sur les foyers métastatiques : en présence de métastases, la radiothérapie peut être associée à un traitement hormonal (progestérone, anti-hormones) ou une chimiothérapie.
- La chimiothérapie : elle repose sur des traitements médicamenteux, administrés via des perfusions (intraveineuse) ou sous forme orale (comprimés). Les médicaments anticancéreux agissent sur les mécanismes de la division cellulaire : ils visent à détruire certaines cellules cancéreuses, à empêcher leur multiplication, à réduire la taille des tumeurs et/ou à éliminer les métastases. La chimiothérapie est un traitement systémique : elle se diffuse de manière générale et agit sur tout l’ensemble de l’organisme.
Le traitement peut reposer sur un seul médicament (monothérapie) ou sur une association de plusieurs molécules (polythérapie). Pour un cancer du col de l’utérus, la chimiothérapie est souvent utilisée en complément de la radiothérapie, en vue d’optimiser ses effets. Le protocole de chimiothérapie est défini au cas par cas, en accord avec le patient. Les effets secondaires varient en fonction des médicaments employés, des dosages et des patientes (fatigue, absence de règles, nausées, vomissements, perte d’appétit, chute des cheveux, etc.).
- Lhormonothérapie : comme la chimiothérapie, ce traitement systémique agit sur l’ensemble du corps. Il vise à priver en hormones les cellules de la tumeur, ce qui affecte leur développement.
 
Ces différents traitements peuvent être complémentaires et sont employés en association, selon le type, l’évolution et le degré d’extension du cancer. Détecté tôt, le taux de guérison des cancers de l’utérus est estimé à environ 70 %.
Un cancer de l’utérus atteint un organe féminin symbolique, fortement relié à la fécondité et la sexualité : il retentit tout particulièrement sur la vie de couple. Il est alors essentiel que chaque femme puisse solliciter le soutien de son partenaire ainsi qu’un accompagnement psychologique (psychologue, oncologue, etc.).
 

Comment prévenir le cancer de l’utérus ?

  • Le cancer du col de l’utérus bénéficie désormais d’un vaccin préventif « anti-HPV » (ou papillomavirus), qui apporte une protection partielle. Il est cependant proposé uniquement aux jeunes filles et femmes, sous certaines conditions. 
  • Les femmes doivent donc rester vigilantes tout au long de la vie, ainsi qu’au moment de la ménopause. Il est recommandé :
    - d’avoir un suivi gynécologique annuel, à tous les âges :si vous présentez des facteurs aggravants ou en cas d’antécédents familiaux ; il est impératif d’évoquer le risque accru de cancer gynécologique : un suivi médical renforcé est conseillé, (à noter que la prise de traitements hormonaux nécessite une surveillance appropriée).
    - de réaliser le dépistage individuel du cancer du col de l’utérus (sur les conseils de votre médecin, généraliste ou spécialiste) : les femmes de 25 à 65 ans doivent réaliser un frottis cervico-vaginal tous les 3 ans (après 2 premiers frottis normaux effectués à 1 an d'intervalle),
    - d’avoir une alimentation variée et équilibrée, notamment riche en fruits et légumes. Ces aliments renferment des vitamines, des minéraux, des fibres et des antioxydants qui contribuent à prévenir le cancer. Eviter un régime alimentaire excessivement riche en graisse, en sucres, et limiter la consommation d’alcool,
    - de pratiquer une activité physique régulière,
    - de contrôler son poids corporel (Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risques dans la survenue des cancers).
 

 

 

Pour en savoir plus sur le cancer du col de l'utérus

 

 

Écrit par Docteur Vincent Bonniol le 17/08/10
  
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