Selon l'Observatoire des crédits aux ménages, un ménage français sur deux avait un crédit en 2010. Même s’il s’agit d’un acte courant, signer un contrat de prêt vous engage. Il faut donc connaître, parmi les nombreuses solutions de crédit, les financements les mieux adaptés à votre situation, leurs coûts, leurs avantages et inconvénients.
Crédit renouvelable
Le crédit renouvelable ou « revolving » est en réalité une ligne de crédit : une somme d’argent est mise à votre disposition et reste empruntable à tout moment, en totalité ou en partie. Chaque remboursement reconstitue la réserve d’argent disponible. Ce crédit est très largement distribué (banques, grandes surfaces, organismes spécialisés, etc.) et associé à l’usage d’une carte de fidélité ou de crédit.
Pourquoi ce type de crédit est-il à l’origine d’un grand nombre d’incidents de paiement ?
- Son coût global est très difficile à apprécier car il dépend de l’utilisation effective de la réserve d’argent et ne peut, par conséquent, être établi dès la signature du contrat. Le calcul des intérêts est complexe
- Les mensualités, souvent très faibles, se traduisent par des taux d’intérêt extrêmement élevés, proches du taux d’usure.
- Le taux d’intérêt pratiqué sera presque toujours un taux révisable chaque année.
Pour bien se servir du crédit renouvelable, il faut faire usage de sa calculatrice. Le coût d'utilisation d'une somme de 1 000 euros, hors assurance, peuvent varier considérablement: 909 euros en remboursant 20 euros par mois avec un TEG de 20%; 128 euros en payant des mensualités de 60 euros avec un TEG de 16%.
Cette formule de crédit peut donc être intéressante à court terme et avec un bon taux. Et à la condition de ne pas multiplier les contrats. Dans huit dossiers sur dix de surendettement, on relève, en moyenne, six crédits renouvelables.
Bon à savoir : chaque établissement de crédit a l’obligation de pratiquer un taux effectif global (TEG) inférieur au seuil d’usure publié par la Banque de France chaque trimestre, soit 21,15% pour le dernier trimestre 2010. La moyenne des TEG pratiqué par les principaux établissements de crédit ressort à 15,86% pour l’emprunt de toute somme inférieure à 1524 euros. Mais l'assurance facultative (décès, invalidité, perte d'emploi) proposée sert souvent à saler la note.
Crédit affecté
Ce type de crédit est directement distribué par les commerçants au moment de l’achat d’un bien : automobile, électroménager, meubles, etc.
Le prêt précise l’objet de l’achat, son montant, le taux d’intérêt et les modalités de remboursement.
L’acheteur n’a aucune obligation de souscrire à l’offre qui lui est faite. Il peut préférer contracter un prêt personnel directement auprès de sa banque ou essayer de faire jouer la concurrence, notamment pour des biens onéreux comme les voitures. Les concessionnaires automobiles ont des accords financiers avec les organismes de crédit dont ils distribuent les produits : crédits affectés classiques, location avec option d’achat, offres groupée incluant des service (entretien, assurance, assistance, extension de garantie).
Le crédit personnel
Cette formule est souple et avantageuse car elle permet d’emprunter sans avoir à justifier de la destination des fonds à court ou moyen terme (de 3 mois à 5 ans) et avec des mensualités constantes.
Le relèvement du plafond à 75 000 euros des prêts protégés par le code de la consommation, dès avril prochain, permettra de rembourser à tout moment le prêt sans pénalités, ni indemnités.
Le prêt personnel peut donc être un excellent moyen de regrouper ses crédits ou de financer ses besoins de trésorerie à moindre coût. Son taux est souvent négociable, en fonction du profil du client et de son « scoring » bancaire.
Crédit à 0%, crédit « gratuit », paiement en trois fois sans intérêt, il n’existe en réalité que des crédits payants. La loi oblige à préciser qui prend en charge le coût du crédit consenti gratuitement au consommateur. Elle prescrit également d’indiquer pour les prêts supérieurs à 90 jours quel est le montant du rabais accordé en cas de paiement comptant. Attention, car les prêts de moins de 90 jours ne sont pas protégés par le droit du consommateur (pas de délais de rétractation).
Il fait partie des crédits à la consommation, mais l’utilisation des fonds ne fait pas l’objet de contraintes. Le montant d’un prêt étudiant peut atteindre 20 000 à 30 000 euros.
Deux phases le caractérisent :
- une période de franchise de remboursement (2 à 5 ans) qui permet d’achever les études et qui peut–être partielle ou totale. Dans ce dernier cas, les intérêts courent et augmentent l’endettement.
- une période de remboursement qui peut être anticipée ou non et dont la durée peut être portée jusqu’à neuf ans.
C’est une formule bien adaptée aux besoins des étudiants et qui offre des taux souvent attractifs, car les établissements bancaires s’en servent pour fidéliser leur jeune clientèle.
Crédit immobilier
Le taux de détention de crédit immobilier se maintient à un haut niveau en France. En 2010, 30,5 % des ménages avaient un crédit immobilier accordé, dans la quasi totalité des cas, à taux fixe. Les taux variables existent, mais ils sont limités à la hausse et parfois à la baisse.
Le remboursement du prêt est à échéance constante. Elle peut être variable pour s’adapter aux changements de situation et permettre soit d’augmenter ou de diminuer les mensualités, voire les suspendre.
Cette solution qui offre de la souplesse en contrepartie d’un taux légèrement plus important doit être prise en compte. En effet, si la durée moyenne des prêts actuels se situe autour de 20 ans, leur durée réelle est beaucoup plus courte (12 ans) en raison d’événements de vie qui modifient l’échelle de remboursement : divorce, donation, héritage, revente avec plus-value.
Le remboursement par anticipation est fixé par le contrat et prévoit une indemnité que l’emprunteur paie à la banque. Celle-ci est plafonnée légalement à 3% du capital restant dû avant le remboursement ou à un semestre d’intérêts, sauf cas prévu par la loi (licenciement, mutation, décès du conjoint, etc.)
Plusieurs dispositifs existent pour réduire le coût global du crédit :
- l’apport personnel qui peut réduire le taux d’intérêt de 0,40 à 0,60%.
- le Plan Epargne Logement et le Compte Epargne Logement
- le prêt à taux zéro « plus » désormais accessible sans condition de ressource
- le 1% logement
- les prêts d’organismes sociaux comme les caisses de prévoyance, mutuelles, caisses d’allocations familiales et même certaines collectivités locales.
Bon à savoir : le coût de l’assurance représente entre 10 et 15 % du coût total du crédit. Il importe donc de ne pas accepter d’emblée au contrat proposé par la banque et de se renseigner auprès de compagnie d’assurance qui peuvent couvrir les trois risques principaux de défaillance : invalidité, incapacité et décès. L’assurance perte d’emploi n’est pas obligatoire.
Crédit à la consommation : ce qui change
La loi de Christine Lagarde portant réforme du crédit à la consommation (juin 2010) a prévu le déploiement progressif de nouvelles mesures depuis juillet dernier et jusqu’en mai 2011. Citons les principales :
- La régularisation des impayés suffit désormais à obtenir la radiation du fichier central des chèques. Les pénalités libératoires sont supprimées.
- La durée maximale des plans de surendettement est réduite de 10 à 8 ans. Les commissions sont ouvertes aux personnes surendettées propriétaires de leur logement.
- La vérification de la solvabilité et la consultation au fichier national des incidents de remboursement des crédits (FICP) s’imposera à partir du mois de mai 2011 aux organismes prêteurs. Le délai de rétractation de l’offre de crédit est porté de 7 à 14 jours ouvrables. Le seuil des prêts protégés par le code de la consommation est relevé de 21 500 euros à 75 000 euros.
- Les cartes de fidélité auxquelles une fonction crédit est attachée devront permettre le paiement au comptant et proposer des avantages commerciaux sans rapport avec l’utilisation du crédit.
- L’obligation de proposer au consommateur le choix entre un crédit amortissable et un crédit renouvelable si l’opération est supérieure à 100 euros.